NETTALI.COM - En visite à la Direction générale de la Police nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko a posé les jalons d’une nouvelle doctrine sécuritaire fondée sur le renforcement des capacités, la modernisation des équipements et un effort budgétaire inédit. Une démarche qui inscrit la sécurité au cœur du développement socio-économique et de la souveraineté nationale.

Le Premier ministre Ousmane Sonko a entamé, ce mardi 3 février, une série de visites auprès de grands services civils et militaires de l’État. Première étape : la Direction générale de la Police nationale (DGPN), où le chef du gouvernement a voulu marquer une inflexion majeure dans la stratégie sécuritaire du pays.

Pendant plusieurs heures, Ousmane Sonko a passé en revue les capacités opérationnelles de la Police nationale, assistant à des démonstrations de matériels de pointe et à des simulations d’intervention de haute intensité. Le Groupement mobile d’intervention (GMI) a notamment illustré ses techniques de maintien de l’ordre, tandis que la Brigade d’intervention polyvalente (BIP) a mis en exergue son expertise dans la protection rapprochée des hautes personnalités.

Saluant l’engagement et le professionnalisme des forces de police, le Premier ministre a rappelé que le Sénégal évolue dans un environnement sécuritaire de plus en plus complexe. « Le Sénégal n’est pas épargné par des menaces mondiales telles que le trafic de drogue, la cybercriminalité, le terrorisme accru, le trafic de migrants et la délinquance urbaine », a-t-il déclaré, soulignant la capacité de résilience de la Police nationale, aussi bien sur le plan interne que dans sa contribution aux opérations de maintien de la paix à l’échelle internationale.

Face à ces défis, Ousmane Sonko a décliné une vision où la sécurité constitue un pilier central de l’émergence. « Nos options stratégiques sont claires : un renforcement capacitaire substantiel des forces de police pour la sécurité intérieure, couplé à celui des armées pour la sanctuarisation des frontières », a-t-il affirmé. Pour lui, « la modernisation de la police n’est pas un luxe, mais le gage d’une efficacité nécessaire au développement socio-économique souverain ; car il n’y a point de développement sans sécurité suffisante ».

Cette ambition se traduit par un effort financier qualifié d’exceptionnel dans un contexte de rigueur budgétaire. Le Premier ministre a annoncé que le budget de la Police nationale pour l’année à venir est porté à 150,87 milliards de francs CFA, contre 127,52 milliards FCFA en 2025, soit une hausse de 18,31 %.

Selon lui, cette augmentation est strictement orientée vers des projets ciblés : la finalisation de deux immeubles R+8 au camp Abdou Diassé (2,5 milliards FCFA), le programme de sûreté et de sécurité nationale (3,25 milliards), l’acquisition de moyens logistiques et d’équipements de protection (2,75 milliards), le renforcement des infrastructures sécuritaires en perspective des Jeux olympiques de la jeunesse 2026 (10 milliards), le paiement des pécules des policiers adjoints volontaires (2,3 milliards) et la production de 350 000 talons de passeports numérisés (4,1 milliards).

Autre indicateur révélateur : la sécurité publique représentera désormais 58,68 % du budget du ministère de l’Intérieur en 2026, traduisant un recentrage assumé des priorités de l’État.

Sans détour, le chef du gouvernement a également critiqué la gestion de l’ancien régime, estimant que « la matérialisation de ces ambitions aurait été plus rapide sans l’héritage douloureux d’une gestion hasardeuse et opaque des ressources publiques par le précédent régime ».

À la DGPN, Ousmane Sonko a ainsi voulu envoyer un message clair : la sécurité est appelée à devenir un levier structurant de la transformation nationale, au service de la stabilité, du développement et de la souveraineté du Sénégal.