NETTALI.COM - Alors qu'il fait l'objet d'une convocation au commissariat central de Dakar pour des propos qu'il a tenus lors d’une émission à la télévision, Doudou Wade bénéficie du soutien de plusieurs responsables politiques, tous actuel ou anciens présidents de groupe parlementaire à l’Assemblée nationale. Ces derniers mettent en garde contre les risques de judiciarisation de la parole critique.
Doudou Wade ne marchera pas seul. Il peut compter sur ses compagnons de route. En effet le dimanche 1er février, treize anciens présidents de groupe parlementaire de l’Assemblée nationale du Sénégal et l'actuelle présidente du Groupe Parlementaire Takku Wallu Sénégal, Aissata Tall Sall, ont publié un manifeste pour lui témoigner de leur soutien, en ces moments où il risque de passer par la case prison.
Les signataires, Abdourahim Agne, Ousmane Ngom, Bocar Sidik Kane, Babacar Gaye, Abdou Fall, Moustapha Diakhaté, Me Elhadji Oumar Youm, Aymérou Gningue, Mamadou Lamine Thiam, Serigne Cheikh Bara Doly Mbacké, Aissatou Koulibaly, Modou Diagne Fada et Abdou Mbow, soutiennent avoir pris connaissance avec une vive préoccupation des informations relatives à des poursuites judiciaires engagées à l’encontre de Doudou Wade, ancien président de groupe parlementaire, et du journaliste, animateur de Faram Faccee, Pape Ngagne Ndiaye, à la suite de propos tenus dans le cadre d’une émission télévisée.
“Sans préjuger du travail de la Justice, nous tenons à rappeler que la liberté d’expression, le droit à la critique et le débat démocratique constituent des fondements essentiels de l’État de droit. Ils sont garantis par la Constitution de la République du Sénégal et consacrés par les engagements internationaux librement souscrits par notre pays. Dans un contexte national marqué par une inquiétude croissante des journalistes, des responsables politiques et des leaders d’opinion face aux risques de judiciarisation de la parole critique, nous estimons qu’il est de notre responsabilité collective de tirer la sonnette d’alarme”, poursuivent- ils la note.
Selon eux, les opinions exprimées dans l’espace public, lorsqu’elles relèvent de l’analyse politique, du commentaire ou de la critique de l’action gouvernementale, ne sauraient être criminalisées sans porter atteinte au pluralisme démocratique et à la vitalité du débat public. “À ce titre, écrivent-ils, nous exprimons notre soutien fraternel, solidaire et républicain à Doudou Wade, collègue et ancien responsable parlementaire, et réaffirmons notre attachement indéfectible au respect des libertés publiques et des principes démocratiques”.
Ainsi, ils appellent les autorités compétentes à la retenue et au sens de l’État, afin de préserver un climat d’apaisement, de confiance et de dialogue, indispensable à la cohésion nationale et à la stabilité institutionnelle.






