NETTALI.COM - Un projet de décret a été élaboré en vue de préparer un nouveau cadre réglementaire pour l’exportation des arachides. En cherchant à procéder ainsi, le gouvernement veut mieux encadrer les ventes à l’étranger, dans un contexte marqué par les déséquilibres créés par la libéralisation totale du secteur.

Adopté en 2010, le décret portant libéralisation de l’exportation des arachides visait à offrir des débouchés aux producteurs confrontés à des excédents de production, souvent supérieurs aux capacités de collecte des huileries locales.

Mais, selon le rapport de présentation du nouveau projet de décret, cette ouverture sans dispositif d’encadrement a fini par poser de sérieux problèmes. Les autorités estiment que l’exportation incontrôlée des graines d’arachide compromet l’approvisionnement des transformateurs locaux et, parfois, la disponibilité des semences destinées à l’ensemencement.

Pour corriger ces dérives, l’État a eu recours, ces dernières années, à des mesures ponctuelles de régulation, notamment l’instauration de taxes à l’exportation à travers les lois de finances, soit pour décourager les ventes extérieures, soit pour mobiliser des ressources financières.

Inscrit dans la dynamique de l’Agenda national de transformation “Sénégal 2050”, qui fait de l’industrialisation une priorité du développement endogène, le nouveau projet de décret vise à instaurer un cadre réglementaire stable et cohérent. Il ambitionne d’introduire des mécanismes de régulation garantissant à la fois la sécurisation des semences, un approvisionnement suffisant de l’industrie locale et une gestion rigoureuse des exportations.

Le texte est porté conjointement par le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Dr Mabouba Diagne, et le ministre de l’Industrie et du Commerce, Dr Serigne Gueye Diop.