NETTALI.COM- À la suite de l’annonce faite par le Président de la République concernant une éventuelle modification de la Constitution, le Collectif citoyen « Rappel à l’ordre » a exprimé ses préoccupations. L’organisation citoyenne s’inquiète du non respect de la Constitution et de l’opportunité d’une telle réforme face aux urgences sociales du pays. 

« Toute réforme constitutionnelle digne de ce nom doit impérativement passer par la voie référendaire ». La précision est du Collectif citoyen « Rappel à l’ordre ». Le mouvement réagit ainsi à l’annonce du Chef de l’Etat relative à une éventuelle réforme de la Constitution. « La Constitution est le fondement de notre République. Elle organise les pouvoirs, protège les libertés et incarne le contrat moral et politique qui lie l’État aux citoyens. Elle ne saurait être modifiée à la légère, ni au gré des circonstances politiques, encore moins sans l’adhésion explicite du peuple souverain », rappelle-t-il.

C’est pourquoi le Collectif citoyen tient à rappeler au Président Bassirou Dioamaye Faye que le référendum n’est pas une option secondaire. « Il est l’expression la plus directe et la plus légitime de la volonté populaire. Toute autre démarche serait perçue comme une remise en cause du principe fondamental de souveraineté du peuple », martèle le collectif.

Au-delà des enjeux institutionnels, le Collectif citoyen attire l’attention du chef de l’État sur la dégradation du climat social et économique. « Des travailleurs sont licenciés pour motifs économiques, le chômage progresse, le pouvoir d’achat s’érode et les urgences sociales s’accumulent », mentionne le communiqué.

Dans ce cadre, l’organisation s’interroge sur l’opportunité d’engager des dépenses publiques massives pour une réforme institutionnelle alors que les urgences sociales s’accumulent et que la préservation de l’emploi devrait, selon elle, constituer la priorité nationale. « L’heure n’est pas aux dépenses institutionnelles lourdes, mais à la préservation de l’emploi, à la justice sociale et à l’amélioration des conditions de vie des populations », martèlent les membres du collectif.

Tout en reconnaissant qu’un référendum peut représenter un moment fort de la vie démocratique, le collectif insiste sur le fait que celui-ci doit être justifié par une nécessité réelle et s’inscrire dans une hiérarchie cohérente des besoins du pays. Il rappelle que le sens des responsabilités impose de tenir compte du calendrier politique et de la situation concrète des populations avant d'initier de tels chantiers.

Le Collectif citoyen rappelle par ailleurs que le texte constitutionnel actuel, hérité de la présidence de Macky Sall, comporte des dispositions spécifiques qui rendent toute modification substantielle impossible sans le vote direct des citoyens. Ce cadre juridique est présenté comme une réalité s’imposant à l’actuel pouvoir exécutif, qui ne peut être ignorée ou contournée. L’organisation affirme qu'elle ne s’oppose pas par principe à l’évolution des textes, mais qu’elle exige une transparence totale sur les intentions du pouvoir.

Pour conclure, le collectif réitère son slogan « On ne touche pas à la Constitution sans le peuple » et annonce qu’il restera mobilisé pour s’assurer que la Loi fondamentale ne soit pas utilisée comme un instrument politique. Pour le collectif, la légitimité d’une telle réforme repose exclusivement sur l’adhésion populaire, faute de quoi toute tentative de modification serait considérée comme contraire à l’esprit républicain.