NETTALI.COM - L’Entente des syndicats des travailleurs de la Justice s’indigne des déclarations de la députée Aïssata Tall Sall, qu’elle juge infondées et offensantes. Elle rappelle que la gestion du casier judiciaire relève exclusivement de leurs attributions légales.
L’Assemblée nationale a été le théâtre d’une vive polémique à la suite des propos tenus par la députée Aïssata Tall Sall. Cette dernière a affirmé que « le casier judiciaire ne saurait être laissé entre les mains des greffiers …, au motif que ces derniers n'en comprendraient ni l’importance ni la teneur ». Une sortie qui a aussitôt fait réagir l’Entente SYTJUST-UNTJ, regroupant les syndicats des travailleurs de la Justice, qui dit exprimer sa « plus vive indignation ».
Dans son communiqué, l’Entente considère que les propos de la parlementaire sont « non seulement infondés, mais également offensants à l’encontre d’un corps professionnel dont la compétence et la rigueur ne sauraient être mises en doute ». Elle estime que la députée n’a pas saisi « la subtile nuance qui existe entre judiciariser et juridictionnaliser », rappelant que les fonctions des greffiers, bien que non juridictionnelles, « sont bel et bien judiciaires et d’égale dignité aux autres fonctions constitutives des cours et tribunaux ».
Les représentants des greffiers soulignent que leurs attributions sont clairement définies par le droit positif sénégalais. Selon eux, « l’établissement et la délivrance des actes judiciaires, la tenue du casier judiciaire, ainsi que la gestion du registre du commerce et du crédit mobilier relèvent exclusivement des greffiers ». Ils insistent également sur le principe fondamental de séparation des fonctions judiciaires : « le siège juge, le parquet poursuit, le greffe établit, conserve et délivre les actes judiciaires. Dès lors, personne ne peut ni ne doit s’arroger les fonctions de greffier ».
L’Entente met en avant la formation et l’expérience de ces professionnels, qu’elle qualifie de « hautement qualifiés », ajoutant que leur rôle stratégique dans le fonctionnement quotidien de la justice sénégalaise « ne saurait souffrir la moindre contestation ». Elle juge par ailleurs que l’image renvoyée par les propos de la députée est « rétrograde » et « ne correspond en rien aux réalités judiciaires de 2025 au Sénégal ».
Réaffirmant le rôle de chacun dans la justice, le communiqué rappelle que « le juge rend des décisions, le procureur poursuit et le greffier conserve, délivre et garantit l’authenticité des actes ». Pour l’Entente, toute remise en cause de cet équilibre constituerait « une atteinte grave à la bonne marche de la Justice et à la sécurité juridique de nos concitoyens ».
En conclusion, l’organisation syndicale invite la députée Aïssata Tall Sall à « reconsidérer ses propos et à manifester le respect dû à chaque segment des institutions républicaines ainsi qu’aux femmes et aux hommes qui les incarnent au quotidien ».