NETTALI.COM - Ceux qui, hier encore, refusaient de voir la réalité en face, pensaient que la lettre de nomination d'Aminata Touré à la tête de la coalition Diomaye Président était un faux. Aujourd’hui, les mêmes doutent-ils encore du communiqué du PASTEF ? À ce rythme, il ne leur restera bientôt qu’à douter de l’évidence. Mais comme disent certains : « attendons la confirmation » — avec un brin d’ironie, bien sûr.

Pendant ce temps, la maison brûle. Les militants et sympathisants qui se sont sacrifiés, parfois au péril de leur vie, pour porter ce duo au sommet de l’État, regardent avec amertume le spectacle d’un pouvoir divisé.

En moins de deux ans, le Sénégal a perdu une partie de sa crédibilité internationale, son économie vacille, et au lieu d’un gouvernement soudé, on assiste à une guerre de tranchées entre Sonko et Diomaye. Une querelle de leadership en plein cœur de mandat, alors que l'économie est morose, le peuple croule sous le poids des textes, alors que les priorités nationales s’accumulent.

Si le scénario est bien celui qu’on redoute — un Sonko qui chercherait à torpiller son propre président —, alors l’ancien opposant ferait mieux de méditer sur la différence entre ce qui est de l'ordre du pouvoir conquis et du pouvoir exercé. Car gouverner, ce n’est pas dominer, c’est construire. Et construire exige loyauté, patience et stratégie.

Si Ousmane Sonko veut rester dans l’histoire autrement que comme un tribun, il devrait soutenir Diomaye à exercer son mandat, dans l'orthodoxie républicaine, avant d’espérer reprendre le flambeau. Ce serait cela la vraie voie de la raison, du patriotisme et de la maturité politique.

Mais à ce rythme, c’est tout le contraire qui semble se dessiner : un parti fracturé, un duo désaccordé et une promesse de rupture transformée en rupture interne.

Ironie de l'histoire : celui qui promettait de « libérer le peuple » risque de précipiter la déception du siècle.