NETTALI.COM - Cinglant, précis et résolument provocateur. Lors d’une conférence de presse organisée par l’Alliance pour la République (APR), Me Oumar Youm, ancien ministre et président du groupe parlementaire Benno Bokk Yakaar, n’a pas mâché ses mots pour étriller la récente déclaration de politique économique du Premier ministre Ousmane Sonko.

Entre les flèches lancées, l’opposant surprise du jour a glissé une offre inattendue : « Nous pouvons vous aider à proposer un vrai plan, comme le PSE ». Une main tendue aux allures de tacle glissé.

« Comme le président Macky Sall l’a fait avec le Plan Sénégal Émergent, nous pouvons vous aider à structurer un plan réaliste, documenté, soutenable et respecté à l’international », a-t-il ironisé, sourire en coin.

« 75 minutes de bavardage »

Me Youm n’a pas fait dans la dentelle. Pour lui, le discours fleuve de 75 minutes livré par le chef du gouvernement était tout simplement « vide de contenu ». Il le résume comme une prise de parole désordonnée, sans vision, ni stratégie cohérente.

« Ceux qui ont écouté les Premiers ministres précédents comprendront la différence », tacle-t-il, en suggérant que Sonko est loin de ses prédécesseurs en termes de rigueur et de clarté.

Selon lui, le gouvernement a présenté un simple plan PowerPoint à dominante fiscale, concocté par un cercle fermé d’initiés, sans aucune validation ni inscription dans les circuits de l’administration. « Ce plan n’existe dans aucun ministère », affirme-t-il, évoquant un “plan invisible” déconnecté des exigences de sérieux budgétaire.

Un cocktail d’incohérences et d’improvisation ?

L’ancien ministre soulève de nombreuses incohérences chiffrées : un taux d’endettement qui aurait explosé à 120 %, contre 99 % l’an dernier, selon une source étrangère non corroborée par les institutions nationales. « Même la Cour des comptes ne mentionne pas un tel chiffre. C’est une banque étrangère qui l’a révélé en premier, ce qui est grave », s’indigne-t-il.

Autre point noir : le déficit budgétaire, que le Premier ministre a annoncé à 14 %, alors que son propre ministre de l’Économie parlait de 12 %. « Qui croire ? », s’interroge Me Youm, dénonçant un amateurisme économique préoccupant.

Il reproche également au plan Sonko de faire l’impasse sur les dynamiques économiques internationales, et de reposer sur une illusion fiscale, sans cadrage macroéconomique, ni projection crédible.

« On ne redresse pas une économie à coups de slogans et de taxes. Il faut une vision, une cohérence entre recettes, dépenses, investissements et équilibre de la dette. Ce qu’on nous a servi relève plus de la rêverie que de la rigueur », conclut-il.