NETTALI.COM - Le couperet est tombé. Dans un communiqué publié ce jeudi, l’Autorité nationale d’assurance qualité de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (ANAQ-Sup) a annoncé qu’elle ne reconnaît pas les diplômes de doctorat délivrés par les établissements d’enseignement supérieur privés au Sénégal. Une mise au point aux allures de rappel à l’ordre dans un secteur en pleine expansion mais de plus en plus sous surveillance.

Selon le secrétaire exécutif de l’ANAQ-Sup, Pr Massamba Diouf, les diplômes concernés — qu’ils soient PhD, doctorat unique, d’université ou d’ingénieur — « ne sont pas conformes à la réglementation en vigueur ». En cause : le non-respect des décrets n°2012-1116 et n°2021-1790, qui encadrent respectivement la délivrance des doctorats et la reconnaissance officielle des diplômes au Sénégal.

« Les établissements privés concernés ne respectent pas les conditions fixées pour l’habilitation à délivrer des doctorats », a précisé Pr Diouf.

Que dit la loi ?

L’article 15 du décret de 2012 stipule que l’habilitation à délivrer un diplôme de doctorat ne peut être accordée qu’après évaluation de l’offre de formation par l’ANAQ-Sup, suivie d’un arrêté du ministre de l’Enseignement supérieur.

L’article 16 ouvre la possibilité aux institutions publiques ou privées, seules ou conjointement, de solliciter cette habilitation, à condition d’être légalement créées et rigoureusement évaluées. Or, selon l’ANAQ-Sup, aucun établissement privé actuellement concerné n’a rempli ces exigences.

Des conséquences lourdes pour les titulaires

Cette déclaration entraîne des répercussions majeures : les détenteurs de ces diplômes ne peuvent pas se prévaloir du titre de "Docteur", ni au Sénégal, ni au niveau international, conformément aux conventions mondiale et africaine sur la reconnaissance des diplômes.

« Par conséquent, lesdits diplômes ne sont pas reconnus par l’État du Sénégal », avertit l’ANAQ-Sup, qui enjoint les établissements concernés de mettre un terme immédiat à cette pratique illégale.

Médecine, pharmacie et chirurgie dentaire non concernées

L’Autorité a tenu à préciser que les diplômes d’État de docteur en Médecine, Pharmacie et Chirurgie dentaire, eux, ne sont pas concernés par cette décision. Leur délivrance est encadrée par un autre régime juridique, avec un statut clairement reconnu au niveau national et international.

Un secteur privé sous pression

Cette sortie ferme de l’ANAQ-Sup relance le débat sur la prolifération de formations doctorales privées non réglementées, souvent présentées comme des alternatives aux filières publiques surchargées. Alors que le secteur privé joue un rôle croissant dans l'accès à l'enseignement supérieur, l'ANAQ-Sup rappelle que l'exigence de qualité ne saurait être contournée.

L’Autorité invite enfin les usagers et les étudiants à consulter son site internet pour vérifier l’habilitation des établissements et l’accréditation des diplômes.