NETTALI.COM – 2021 a baissé ses rideaux et c’est la scène 2022 qui s’ouvre avec son cortège de souhaits et de vœux. Ils ne se réaliseront pas tous seuls, ça, c’est certain. Le président de la République a fait son adresse à la nation avec cette fois-ci un discours de 25 minutes qu’il a voulu court, tout en évitant le traditionnel face à face avec la presse qui génère les questions qui fâchent. Comme celle sur le 3ème mandat sans cesse remise au goût du jour.

Il doit certainement en avoir assez de devoir esquiver et de maintenir le flou. Le discours a semblé finalement être la suite de cet entretien avec France 24-RFI, au cours duquel, il nous a annoncé qu’il ne posera jamais d’acte anti démocratique. Sauf que cette déclaration est encore plus floue que les vitres teintées de ses 8 x 8. Elle est même sujette à des interprétations aussi vastes qu’un boulevard. C’est de la même trempe que le « ni oui, ni non » parce qu’elle ne clarifie rien au fond, si ce n’est de lier encore une fois son destin à la décision des juges. Telle sa promesse électorale de faire 5 ans au lieu des 7 ans pour lesquels il a été élu en 2012. Finalement, c’est 7 ans qu’il fera au lieu des 5 promis. Bref un discours bilan où le président Sall a embrassé certains sujets, tout en en occultant d’autres.

L’on a ces derniers temps beaucoup épilogué sur le retour du poste de 1er ministre. Mais un PM qui va finalement être nommé pour 2 ans, s’il est maintenu jusqu’au bout du mandat du président. Car avec Macky Sall, on ne sait jamais. Les manœuvres finissent toujours par prendre le dessus. Son chef de protocole vient par exemple d’être été limogé au bout seulement 3 ans d’exercice. Cheikh Tidiane Sall avait, en effet, été nommé le 28 septembre 2018, en remplacement du défunt Bruno Diatta.

L’éternel problème de casting

Mais à la vérité, ce sont toujours les problèmes de castings qui remontent à la surface. Imaginez tout ce monde qu’il a limogé : Mahammad Boune Abdallah Dionne, Amadou Ba, Aly Ngouille Ndiaye, Mouhamadou Makhtar Cissé, Aminata Touré «Mimi», Oumar Youm et qu’il continue d’embarquer lors de ses voyages. Il est allé même jusqu’à confier des responsabilités politiques à Amadou Ba. Avec lui, le pouvoir semble n’être qu’un terrain de jeu et de manœuvres permanentes. Et ses collaborateurs des pions qu’il utilise à sa guise.

C’est une affaire de jeu de dupes pour freiner de prétendues ambitions aux yeux d’une opinion abusée et fatiguée par ces micmacs politiciens. Macky ne cherche au fond qu’à rester le maître du jeu. Celui qui fait bouger les pions dans le but de maîtriser un agenda qu’il s’est fixé. Il fait semblant de mettre Abdoulaye Daouda Diallo en selle, puis expose Amadou Hott à la lumière. Ce dernier, dans la foulée, se met aussitôt à se chercher une existence médiatique. Mais il est bien à la peine, le pauvre. Pour ces deux-là dont on peine à voir les résultats, la croissance ne se mangeant pas, Macky Sall a coupé la poire en deux. Une sorte de division du travail pour mieux régner sur notre économie et nos finances. Birima Ndiaye, le chroniqueur de « Jakarloo », a d’ailleurs fait savoir à Amadou Hott qu’il n’a pas produit de résultats. Sauf qu’il s’y est pris de manière tellement brutale et sans finesse, qu’il donne l’impression d’avoir été envoyé sur le plateau, d’où il était absent pendant une longue période, pour dézinguer le ministre. Une vraie affaire de jungle avec des hiboux, des hyènes, des lions, des léopards, des zèbres. Les agneaux n’ont qu’à bien se tenir.

Ah le casting, cet éternel problème ! C’est à croire que Macky Sall aime s’entourer d’hommes sans envergure. Imaginez une seconde Moustapha Diop, ministre de l’industrie. Avec lui, quel projet veut-on voir émerger ? Et le cas Mansour Faye, ministre des infrastructures qu’on a fini de promener de ministère en ministère comme s’il était cette lumière qui scintillait au-dessus de la République, une sorte de Karim Wade bis quoi ! Il est de la famille et n’aura géré que des ministères bien juteux, après s’être empêtrée dans la gadoue des vivres de la covid. Son discours est si peu courtois et si souvent maladroit qu’il devrait cesser de pendre la parole celui- là. L’histoire de la tenue des ouvriers et son discours sur les seaux et les bassines des bonnes femmes, quelle catastrophe ; ses menaces de porter plainte contre Babacar Fall si mal venues !
Une autre et grande déception est Aissata Tall, dont le ministère est éclaboussé par cette affaire de passeports diplomatique. Figurez-vous qu’elle a cherché comme une juriste de base, à nous vendre une séparation des pouvoirs qui n’existe que dans sa tête et qui ne la dédouane aucunement de ses responsabilités. Le but était d’éviter de mener cette enquête interne. Bref la liste des ministres inutiles est aussi longue que pléthorique. Les conseillers, n’en parlons pas.

A l’occasion de son message à la nation, Macky Sall a annoncé la livraison du stade de Diamniadio le 22 février 2022. Une bonne chose en soi dans ce désert infrastructurel sportif sénégalais. C’est en effet l’absence d’une politique sportive bien articulée qui s’occupe aussi de la question des infrastructures qui nous plonge dans ce dénuement. Le ministre Matar Ba, plus attiré par le folklore, nous livre chaque jour un spectacle peu réjouissant de sa gestion. Combien de stades ont été rénovés avant de se retrouver très rapidement inutilisables ? Le fâcheux évènement du stade Lat Dior de Thiès avec des projecteurs défaillants au cours d’une rencontre internationale est assez illustratif de l’état de décrépitude avancée de nos stades. Aucun n’était jusqu’à une date récente homologué. On espère juste que le nouveau bijou ne subira pas le même sort.

Toujours pour la même occasion, le président de la République a exprimé sa volonté de placer les jeunes et les femmes au cœur de ses préoccupations. Il a ainsi fait savoir qu’il « faut davantage d’inclusion sociale par l’éducation, la formation professionnelle et technique, l’emploi et le soutien aux activités génératrices de revenus ». C’est dans cette logique qu’il a promis que le gouvernement poursuivra « la mise en œuvre du Programme d’urgence-Xëyu ndaw ñi- issu du Conseil présidentiel du 22 avril dernier, et doté de 450 milliards de FCFA sur trois ans, en soutien à l’emploi et l’insertion socio-économique des jeunes ». Il a également énuméré le recrutement de 5 000 enseignants à titre exceptionnel, la réception de 14 Centres de formation de proximité, les 130 000 bénéficiaires du financement de la DER/FJ sans oublier l’appui aux populations cibles actives dans les secteurs de l’agriculture, de l’artisanat, de la pêche et du numérique, dont 192 start-up ont bénéficié d’un financement de 5 milliards.

Une politique en direction des jeunes qui peut être une bonne chose à condition de ne pas donner l’impression d’être plus de l’ordre du sous-emploi avec ces histoires de reboisement, de pavage pour des périodes courtes et limitées dans le temps. De même, le recrutement d’enseignants formés à la hâte, peut avoir des conséquences sur le niveau des élèves déjà bien bas. Il est surtout question de sortir de ces mesures populistes comme le fait distribuer des centaines de millions à des jakartamen. Ce qui est viable, eh bien, ce sont des solutions pérennes avec lesquelles, il sera question de sortir de la massification des universités en optant pour des capacités limitées et des matières utiles en adéquation avec notre développement économique et social. De même, l’enseignement privé doit être autorisée avec parcimonie, sur la base de formations évaluées, de qualité, efficace et obéissant à la même logique d’adéquation à nos politiques de développement. C’est surtout une orientation vers les métiers de l’informatique, du numérique et des techniques de manière générale qui doit être encouragée pour un pays en majorité peuplé de jeunes et dont les qualifications dans les métiers intermédiaires techniques et industriels, font encore défaut. La massification tous azimuts qui a lieu dans les universités, conduit inéluctablement une masse de jeunes vers l’échec.

La question qui se pose à l’heure où l’on parle beaucoup d’émergence, c’est de savoir comment, avec un attelage gouvernemental et une politique de pilotage à vue pareil, atteindre cette émergence qui finit par devenir chimérique ? C’est justement cette gouvernance sobre et vertueuse, un des slogans forts de campagne de Macky Sall qui est fortement remise en cause avec cette encombrante coalition et ces alliances de circonstances qui impliquent que Macky case tous les nouveaux arrivants à des postes de ministres conseillers, de Pca, quand bien même ceux-là ne savent rien de la gestion d’une société. Sous d’autres cieux, ce sont des appels à candidature qui sont lancés et qui permettent de choisir les meilleurs profils avec le backgroung approprié. Des DG sans envergure et sans expérience de management, il y en a la tonne et le quintal dans la gouvernance Sall.

L’indépendance de la justice et la bonne gouvernance : deux concepts imbriqués

On en attendait beaucoup de la justice. Mais rien de nouveau sous le soleil, à part ces recours au niveau de la Cour suprême sur le sujet des listes rejetées par les préfets, puis réhabilitées et encore rejetées par la Cour suprême. Du 20 sur 22. Les cours d’appel ont été désavouées. L’indépendance de la justice reste un sujet des plus préoccupants pour les justiciables et pour les magistrats eux-mêmes. Et il y a matière à réflexion sur le statut de ces derniers. Une affaire qu’Ousmane Chimère Diouf, le tout nouveau président de l’Union des Magistrats du Sénégal, au regard de la teneur de son discours, veut gérer avec l’exécutif via la négociation. Peut-être obtiendra-t-il quelques avantages avec sa stratégie, mais cette indépendance tant voulue.

Ce chantier-là est en tout cas bien vaste avec les questions de présence du ministre de la justice et du président au Conseil supérieur de la magistrature ; la toute-puissance du procureur de la République, juge et partie dans la procédure judiciaire est une autre grande équation ; les lois considérées comme liberticides et qui vont des articles 56 à 100 et 255 du Code pénal, et liant les juges, les incitant à placer les poursuivis, sous mandat de dépôt, lorsque le procureur, bras armé de l’exécutif, le requiert, est un sujet d’une grande préoccupation. Le nouveau président de l’Ums nous a par exemple fait comprendre que la part du politique dans le contentieux n’est pas si importante, comparée au reste. Mais celui-ci, ignore-t-il que son impact sur l’avenir du pays soit si déterminant.

C’est à la vérité, la question de la transparence et la bonne gouvernance qui est le grand chantier à entreprendre. Et la justice est au cœur de cette bataille. Les institutions de contrôle sont devenues si redondants qu’on se demande s’il ne faut pas en regrouper certains après une refonte ? Si l’Agence de Régulation des Marchés publics semble dynamique, les rapports de l’Inspection générale d’Etat dont certains ont été mis sous des coudes, finissent par donner l’impression qu’elle est inutile. Sauf qu’il appartient au chef de l’Etat de lâcher la bride.

S’agissant de la Cour des comptes, difficile de savoir ce qu’elle fait aujourd’hui. Quant à l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption ( Ofnac), sa présidente Seynabou Ndiaye Diakhaté nous a renseigné au «Jury du dimanche», du 2 janvier que 30 rapports d’enquête réalisés, ont été déposés sur la table du procureur de la République. A l’en croire, l’Ofnac peut s’autosaisir pour que lumière soit apportée sur les malversations financières qui éclaboussent des institutions de l’Etat. Cependant, elle refuse de dire si elle l’a fait ou pas.

Pour ce qui concerne les autres institutions plutôt politiques, le Haut Conseil des Collectivités territoriales et le Conseil Economique, social et Environnemental, elles ne sont que l’ombre d’elles-mêmes. L’expérience nous a montré qu’avec ces trois hommes, Moustapha Niasse, Aminata Mbengue Ndiaye et Idrissa Seck, placés à leur tête, c’est uniquement une affaire d’arrangements politiques qui se joue.

Le détournement au trésor public de 4,6 milliards est tout simplement énorme. C’est le signe d’un système loin d’être verrouillé, contrairement aux dysfonctionnements que brandit son Directeur général Cheikh Tidiane Diop qui nous apprend par la même occasion qu’elle est une administration qui reste solide, debout et gagnante. Un fait qu’il a considéré comme étant des « risques du métier ». N’est-ce pas le directeur qui est le premier responsable, lui qui est habilité à mettre des procédures, à surveiller et à contrôler. Il nous a, par exemple, appris que «c’est au cours des procédures internes de contrôle que ces détournements ont été décelés» et que ces contrôles ont permis de détecter des difficultés «même s’il y a des choses à parfaire, à améliorer». Un discours au demeurant bien mou pour l’ampleur de ce scandale. Reste maintenant à savoir comment recouvrer ces montants subtilisés ?

Les accusations de détournement à la poste sont également à élucider. De même que ces présumés trafics de passeports diplomatiques qui ont éclaboussé à la fois la présidence, les affaires étrangères et l’Assemblée nationale. Tout ceci montre à quel point nos institutions sont poreuses à la fraude et démontre un certain laxisme des administrations si peu vigilantes. Bref, il y a matière à bien surveiller cette attribution des passeports et le respect des procédures qui implique la vérification stricte et permanente. A la vérité, peu de personnes devraient en bénéficier.

L’éternelle équation de la transparence dans les contrats

Sur les contrats que noue l’Etat, là aussi, beaucoup d’insuffisances sont notées. A titre d’exemple, la concession confiée à « Sen Eau » avec la Française Suez notamment, est loin d’être satisfaisante. Son arrivée a eu comme conséquence une contestation tous azimuts sur les factures d’eau qui ont renchéri. Si au moins, il avait été noté une amélioration de la qualité, on aurait pu dire. Rien de bien nouveau sous le soleil. N’aurait-il pas mieux valu maintenir la SDE ?

Quid de la gestion de nos ressources gazières, pétrolières, du zircon, du fer, des phosphates ? Le Sénégal est riche de ses sous-sols, mais difficile de voir de manière claire et avec toute la transparence qui sied, les retombées financières. Malgré les bonnes notes du Sénégal au niveau de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), et le score très élevé de 93 points sur 100 en matière de gouvernance des ressources extractives, ces données et informations passent au-dessus de la tête des populations qui ne sont pas outillées pour comprendre ces choses-là. Certaines populations savent que le Sénégal exploite de l’or, mais ne peuvent se rendre compte de son utilité pour l’économie. Un déficit de transparence que relèvent des organisations de la société civile, telles que le forum civil ou encore Legs Africa.

Le Comité national de l’initiative pour la transparence dans les industries extractives (CN-ITIE) a organisé, le mardi 19 décembre, la cérémonie de lancement officiel du 8e rapport ITIE du Sénégal portant sur les données fiscales de l’année 2020.L’analyse comparative de l’évolution des données entre les différents rapports permet de mesurer des progrès qui ont été accomplis. Le montant global généré par le secteur extractif en 2020, apprend-on est de 185,2 milliards de francs CFA contre 161,03 milliards en 2019. Soit une hausse de recettes de 24,14 milliards et une évolution de 15,6 % portée par les résultats du secteur minier, notamment les productions d’or, des minéraux lourds et à la hausse de leurs cours mondiaux. De même, les paiements générés par la taxe sur le ciment, ainsi que la croissance sur les paiements sur les droits de douane constituent des facteurs explicatifs d’une telle situation.

Le rapport informe, par exemple, que sur 400 milliards de francs CFA liés à la fourniture de dépenses de biens et de services dans le secteur pétrolier, seuls 13 milliards ont été captés par les privés nationaux. Cette logique suit les déclarations du représentant de la Chambre des mines : ‘’Les sociétés minières ont
été sollicitées pour déclarer leur volume de transactions effectuées avec les fournisseurs locaux et étrangers. Les services et matières achetés auprès de fournisseurs locaux représentent 28,91 % du volume des achats des entreprises sélectionnées au titre de 2020.’’ Assez d’éléments pour amener le ministre
chargé du PSE à exhorter tous les services compétents de l’Etat, en collaboration avec les entreprises, à veiller au respect strict des dispositions visant à favoriser le contenu local dans le secteur extractif.

Ce qui fait penser au secteur privé dont on ne cesse de nous vanter le bien fondé de son existence. Sauf qu’il reste faible et se résume à 4, 5 capitaines d’entreprise intégrés dans des projets étatiques. Ce qui est loin d’être significatif. Là où les Français, les Marocains, les Turcs et les Chinois gagnent du terrain.

Transport et infrastructures : l’équation de l’organisation et des priorités

Sur la question des infrastructures, le train a enfin sifflé. Mais au fond, ne s’agit-il pas surtout de développer un système de transport moderne et d’organiser le transport privé dominé par les taxis, cars « Ndiaga Ndiaye » d’un autre âge et les mini-cars. Il revient en effet de leur imposer un cahier des charges strict et non pas de céder à leurs vœux à chaque fois qu’il est question de grève, sans toutefois leur demander des contreparties sérieuses. A la vérité, l’Etat doit organiser le secteur, imposer un renouvellement du parc, un service client adapté et surtout instaurer la discipline sur la route. Une situation qui ne va pas se régler toute seule. Pourquoi ne pas par exemple organiser les transporteurs en sociétés et formaliser un peu plus les rapports employeurs-employés, tout en formant les chauffeurs à l’accueil et au respect du code de la route. Ce serait déjà un grand pas.

Beaucoup se sont en effet plaints de l’inadéquation du Ter avec notre niveau de développement. Il ne doit pas en réalité exister un Sénégal à deux vitesses dont un à la traine puisque certains souffrent encore de l’indigence de moyens et d’un déficit criard de spécialistes dans le domaine de la santé. Dans certaines contrées, des femmes accouchent encore en étant transportées par des charrettes. De même, les abris provisoires restent un scandale et montrent à quel point les écoliers subissent une différence de traitement à l’échelle du pays.

A la place du ter, n’aurait-il pas fallu un projet plus structurant qui va faire renaître le train au Sénégal ? Faire du Dakar-AIBD-Thiès avec une connexion vers Mbour. Un train du type corail en France confortable et à 80 km, aurait pu suffire. Le TER semble plus relever en effet du prestige avec ces 780 milliards engloutis pour 34 km. Dans le même temps, la réhabilitation du Dakar-Bamako, estimé à 1000 milliards, permettrait de préserver les routes, réhabiliter le port de Kaolack, désengorger le port de Dakar et développer davantage le commerce entre le Mali et le Sénégal.

Réagissant au discours de Nouvel an du président de la République, Boubacar Camara, chef de parti, a révélé qu’il y a eu beaucoup d’intérêts de retard, cachés au peuple sénégalais, liés au Train express régional (Ter). « Y a des clauses d’intérêt de retard, allez voir les montants de ces intérêts de retard ! Regardez également les indemnisations dues aux personnes affectées, il en reste toujours ! », alerte le fondateur du mouvement Jengu. « En lieu et place du Ter, oriente Boubacar Camara, il faut prendre les 750 millions de tonnes de fer de la Falémé et réaliser un chemin de fer puisqu’on a du gaz (pour transformer le fer) et le Port minéralier de Bargny ». Celui-ci affirme ainsi que ce chemin de fer ne coûte que 700 milliards F Cfa et l’on peut créer des emplois dans le domaine de la sidérurgie. L’ancien directeur général de Dakar Dem Dikk, Me Moussa Diop, lui souligne que le Ter nous revient à 780 milliards hors taxes. Il ajoute d’ailleurs qu’au Maroc, un (Tgv) qui dessert des localités sur 400 km en deux sens, avec un relief escarpé, a été acquis à 1300 milliards F CFa. « Ici c’est 36 km pour 1000 milliards F Cfa », dit l’avocat. Me Moussa Diop de conclure qu’au Nigéria un train roulant sur 200 km a été payé à 1480 milliards. « Pourquoi, nous, on nous vend 36 km à 1000 milliards ? » s’interroge-il, en définitive.

Pendant ce temps, pas très loin de chez nous, le métro d’Abidjan qui va faire 37,5 km et débuté en novembre 2021, va coûter 920 milliards. Le port de San Pedro concurrence fortement le Sénégal avec beaucoup de trafics en direction du Mali du fait également de l’engorgement du port de Dakar. D’ailleurs, la côte d’Ivoire projette de construire un train qui va de San Pedro au Mali pour capter davantage de business.

Mais une question qui préoccupe beaucoup plus les Sénégalais, c’est le coût de la vie. Que cela soit le pain, les loyers, les denrées de première nécessité de manière générale, le transport, etc les prix ne devraient pas être arbitraires. Ils doivent être justifiés et obéir à une certaine logique. Et c’est le rôle de l’Etat que de les réguler.

Il est aussi important de redresser la barre de la gestion de certaines sociétés telles que la compagnie Air Sénégal qui, il est vrai, développe sa flotte en nombre d’aéronefs. Mais à quoi sert-il de se disperser en voulant donner l’impression d’une société qui assure une desserte importante, y compris même sur des lignes pas rentables. Cela a pour conséquences d’accroître les retards déjà bien inacceptables. La vérité est qu’on a affaire à un véritable problème de stratégie. Comme du reste c’est le cas avec la gouvernance de Macky Sall qui se suffit juste à placer des hommes sans expérience aucune de management à la tête des fleurons de l’état. Difficile dans ce cas-là d’aboutir à des résultats.