NETTALI.COM  – L’ascension fulgurante d’Eric Zemmour, en progression de deux points dans notre sondage Harris Interactive, fait s’effondrer Marine Le Pen à 16% des intentions de vote.

Se fondant sur son enquête Harris Interactive, Challenges informe que le polémiste – qui n’a toujours pas fait acte de candidature – grimpe à 13% des intentions de vote au premier tour de l’élection, à trois points seulement de la leader du Rassemblement national Marine Le Pen, qui s’effondre à 16%.

« En quelques semaines d’une campagne qui ne dit pas son nom, l’éditorialiste est parvenu à fracturer la droite, dont il prend 25% des électeurs de 2017, à asphyxier Marine Le Pen, qui a perdu 12 points depuis l’été, et à éteindre les petits candidats souverainistes comme Nicolas Dupont-Aignan, Florian Philippot ou François Asselineau, relégués sous les 2%. “Il y a une dynamique indéniable en faveur d’Eric Zemmour, qui a vu ses intentions de vote doubler en un mois”, indique le directeur général délégué d’Harris Interactive, Jean-Daniel Lévy », précise le journal en ligne du célèbre magazine français.

La même source de poursuivre : « Bénéficiant d’une exposition médiatique sans commune mesure depuis qu’il a esquissé le désir de se présenter à la présidentielle, Eric Zemmour se trouve en outre porté par son débat, le 23 septembre, avec le chef de file de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, sur BFMTV. Avec 4 millions de téléspectateurs , “près d’1 Français sur 10 en âge de voter” ont suivi les échanges entre deux hommes, précise Jean Daniel Lévy, pour qui “il y a clairement eu un effet débat”. Mais l’aspect le plus spectaculaire de l’hypothèse Zemmour, c’est bien l’abaissement du seuil de qualification au second tour de l’élection : en cas de candidature de l’éditorialiste, ils seraient quatre – Marine Le Pen (16%), Xavier Bertrand (14%), Eric Zemmour (13%) et Jean-Luc Mélenchon (13%) – dans un mouchoir de poche, moins de 3% des voix, à pouvoir prétendre affronter Emmanuel Macron au second tour. C’est toute l’architecture présidentielle de 2017 qui est ainsi remise en cause par la présence du polémiste au premier tour du scrutin ».

Dans les rangs de la majorité, l’hypothèse d’une candidature Zemmour ne laisse personne indifférent. Mais elle n’inquiète pas vraiment. “La baudruche finira par se dégonfler », assure le député LREM du Rhône, Bruno Bonnell, qui voit en Eric Zemmour “la résurrection du Front national de Jean-Marie Le Pen”. Certains opposants de Zemmour se raccrochent en outre à un exemple historique : la candidature de Jean-Pierre Chevènement en 2002, qui avait rapidement atteint 12% dans les sondages, avant de dévisser et de terminer à 5,33% des voix au premier tour de l’élection. Oubliant peut-être au passage que sa candidature avait eu pour conséquence d’éliminer Lionel Jospin, le candidat de sa famille politique…