NETTALI.COM – 2 ans dont 6 mois ferme, c’est la peine que risque Kabirou Mbodji, jugé ce mercredi 11 Août, devant la 3ème chambre correctionnelle de Dakar pour abus de confiance. Le parquet a demandé que le délit soit disqualifié en abus de biens sociaux. Les avocats de Malick Fall, Seyni Camara et Cheikh Tagué ont réclamé des dommages et intérêts d’un montant de 75 milliards de francs Cfa Le patron de Wari qui a fait défaut, sera fixé sur son sort le 8 septembre prochain.

Prévenu dans cette affaire, Kabirou Mbodji, poursuivi pour abus de confiance, a encore brillé par son absence comme lors des précédentes audiences. Mais, il risque une peine de 2 ans dont 6 mois ferme. Ses associés Malick Fall, Seyni Camara et Cheikh Tagué font état d’un préjudice de 25 milliards de francs CFA. Ils accusent Kabirou Mbodji d’avoir falsifié les états financiers et d’avoir volontairement caché le capital de 2012 après avoir orchestré des manœuvres frauduleuses dans le but de les déposséder et les appauvrir. D’après les plaignants, ils détenaient 39% du capital de Wari quand il a été créé en 2008 mais, relèvent-ils pour s’en offusquer, Kabirou Mbodji avait, en 2013, augmenté le capital en le multipliant par 10. Ainsi, de 39%, ils se sont retrouvés avec un peu plus de 3%. Toujours selon les termes de leurs accusations, Kabirou Mbodji s’est auto-octroyé 8% du chiffre d’affaires, soit 5 millions de francs, de manière frauduleuse.

L’avocat de Kabirou Mbodji, privé de parole

Après moult renvois, le procès a été finalement plaidé ce mercredi. Cependant, l’avocat de la défense, Me Ababacar Camara a été privé de parole pour cause d’absence de son client, Kabirou Mbodji. En effet, la loi interdit de donner la parole à un avocat dont le client est absent dans le cadre d’un procès pénal. Alors que la robe noire a tenté d’expliquer que l’absence de ce dernier n’est pas volontaire et qu’il ne peut pas se déplacer à cause de la Covid, l’argument a été très vite battu en brèche par l’un des avocats des plaignants, Me Abdou Dialy Kane qui a ainsi soutenu : « même les petits sénégalais se déplacent. Kabirou Mbodj voyage en jet privé. La vérité c’est qu’il ne veut pas comparaitre ».

Malick Fall accable le commissaire aux comptes

Entendu à titre de témoin, le commissaire aux comptes souligne, face aux juges, avoir constaté des incertitudes par rapport aux malversations alléguées par les parties civiles et qui sont imputées à Kabirou Mbodji. « Je n’ai pas décelé de détournement », indique-t-il en faveur du prévenu. Cependant, l’un des accusateurs, Malick Fall a rappelé qu’ils ont porté plainte contre le témoin depuis 2018, mais, accuse-t-il, l’ordre des experts a mis le coude sur le dossier. Il accuse même le commissaire aux comptes d’avoir fait preuve de complicité active, d’autant plus qu’il n’a pas réagi lors des transferts de fonds, alors qu’il devait alerter.

Tagué, désigné par le témoin comme ayant validé certains mouvements, a soutenu qu’il ne valide pas certaines dépenses.

Dans son réquisitoire, le parquet a dit épouser le raisonnement de Me Kane qui a abouti à l’infraction d’abus de confiance. « L’expert a parlé de sommes indûment perçues, mais il y a remise volontaire que le prévenu n’a pas pu justifier. Donc le détournement est établi. L’abus de confiance a été commis. Il s’agit d’abus de biens sociaux car, ce sont des faits commis dans le cadre d’une gestion. On ne peut pas éclater l’infraction pour laquelle, il est renvoyé en deux notamment abus de confiance et escroquerie », a expliqué le parquet avant de requérir une peine ferme avec la disqualification des faits d’abus de confiance en abus de biens sociaux.

Le délibéré sera rendu le 8 septembre prochain.