NETTALI.COM-Le professeur assimilé à l’institut des sciences de l’environnement de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Cheikh Ibrahima Niang, a analysé la crise sanitaire sous l’angle politique. Pour lui, les politiques ont à perdre si la pandémie dure.

« Après la Covid, les politiques auront suffisamment d’arguments pour mener leurs combats et leur positionnement politique », a soutenu l’invité de « Jury du dimanche », pour qui, « plus l’épidémie va faire des dégâts, plus les politiques (opposition et pouvoir) vont perdre » et que « la capacité de transcender des deux côtés va être un élément extrêmement important sur lequel s’appuyer demain, quand on va rendre compte de l’épidémie ».

Pour le moment, le professeur assimilé à l’Institut des sciences de l’environnement de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Cheikh Ibrahima Niang, estime que ce n’est pas le temps de la récupération mais plutôt de l’action. Et l’action à mener, c’est de réduire le temps épidémique. « Si vous ne réduisez pas ce temps-là, c’est en ce moment que vous avez des hécatombes au niveau de certaines catégories de la population et pire, on commence à avoir des morts au niveau du personnel de santé. Avoir des morts au niveau du personnel de santé, est une catastrophe par rapport à l’image du système de santé. Le corps médical n’est pas épargné parce qu’il y a des morts, parce que ces médecins ont des problèmes de lits même si par ailleurs il y a des lits qui sont disponibles. Les médecins se trouvent dans des situations de stress extrême et l’effondrement psychologique des médecins ou une forte atteinte au niveau de la mortalité des médecins va décrédibiliser le système », alerte-t-il.

Comment re-créditer ou re-crédibiliser le discours ? Pr Niang rétorque qu’« actuellement, ce dont les gens ont besoin, ce n’est pas qu’on leur parle des réalisations. Il faut attendre ». Parce qu’argue-t-il, « celui qui a vu son père mourir, sa mère suivre, il veut entendre tout, sauf s’il y a ceci ou cela dans les Cte. Il a besoin de la prise en charge de sa détresse de charge émotionnelle, il a besoin d’une écoute, quand il se promène d’une structure de santé à une autre ». « C’est un peu ce concept de communication qu’il faut déconstruire et reconstruire sur une autre base pour centrer cela autour des priorités», conclut-il.