NETTALI.COM – Annoncé depuis février 2021 en Belgique par le président Macky Sall, le Sénégal va devenir, dès juin 2022, le producteur de vaccin localanti-Covid-19 en Afrique. C’est à la suite d’une cérémonie de lancement avec les partenaires que l’annonce a été faite  à l’Institut Pasteur de Dakar. 

Hier, la cour de l’Institut Pasteur de Dakar a accueilli une bien heureuse cérémonie. Il s’agit de la signature d’un accord de financement sur le projet de production de vaccin par l’IPD entre le gouvernement du Sénégal et la Team Europe. Ainsi, le Sénégal deviendra producteur de vaccin antiCovid-19 de type vecteur viral, dès juin 2022, d’après l’administrateur général de l’IPD, Amadou Alpha Sall. Lors de cette cérémonie, il a été remis la somme de 16,75 millions d’euros à l’Institut Pasteur pour le démarrage des travaux.

En effet, ‘’c’est pour la réalisation d’études de faisabilité technique et la préparation de la nouvelle installation à l’Institut Pasteur de Dakar. Ce montant comprend 4,75 millions d’euros de la Commission européenne et de la Banque européenne d’investissement (BEI) ; 200 000 d’euros de l’Allemagne et 1,8 million d’euros de la France. Cela permettra également de définir et de convenir du coût total de l’investissement et des structures financières avec les partenaires sénégalais et internationaux. La construction de la nouvelle usine devrait commencer cette année, avec une production de 25 millions de doses de vaccin par mois d’ici la fin de l’année 2022’’, informe-t-on dans un communiqué commun des partenaires, parcouru par le quotidien Enquête.

‘’L’objectif de produire en Afrique des vaccins contre la Covid-19 s’est rapproché aujourd’hui, après que l’Équipe Europe a officiellement accepté de soutenir des investissements à grande échelle dans la production de vaccins par l’Institut Pasteur de Dakar, parallèlement à d’autres mesures de soutien. La nouvelle usine devrait réduire la dépendance de l’Afrique à l’égard des importations de vaccins, actuellement de 99 %, et renforcer sa résilience face à de futures pandémies’’, indique la même source.

Aussi, précise-t-on, ‘’l’accord fait partie d’un vaste ensemble d’investissements de l’Équipe Europe dans la production de vaccins et de produits pharmaceutiques en Afrique. L’Équipe Europe réunit la Commission européenne, les États membres de l’UE et la Banque européenne d’investissement, ainsi que d’autres institutions financières, conformément à la stratégie de l’UE avec l’Afrique et à celle de l’Union africaine/Centres de contrôle et de prévention des maladies en Afrique (CDC Afrique) et les partenariats pour la production des vaccins en Afrique (PAVM)’’.

Les bases de la souveraineté pharmaceutique et médicale du pays

En outre, ce soutien marque la première phase du projet qui consiste en une mobilisation des ressources financières. Selon le commissaire de l’Union européenne, Thierry Breton, c’est la phase de la finalisation des technologies à utiliser. ‘‘L’objectif, c’est d’avoir une plateforme multi-technologie, multivaccin et que l’on puisse commencer à produire dès le deuxième semestre de l’année 2022 avec 3 millions de doses chaque année’’, a précisé le commissaire. D’ailleurs, a-t-il précisé, les travaux ont déjà démarré à Diamniadio.

Représentant le gouvernement du Sénégal, le ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération, Amadou Hott, s’est félicité de ce soutien qui matérialise la demande du président Macky Sall à Bruxelles. Et, a-t-il rappelé, ‘’pour renforcer la lutte contre les pandémies en Afrique, le gouvernement sénégalais s’est engagé, entre autres, à développer la production de vaccins contre la Covid-19 à l’Institut Pasteur de Dakar. Ce projet s’inscrit dans la vision du président de la République du Sénégal, de jeter les bases de la souveraineté pharmaceutique et médicale du pays, et de participer à la réalisation de celle du continent. Il est fortement soutenu par mes collègues chargés des Finances et de la Santé qui considèrent que c’est un autre levier pour lutter de manière plus efficace contre la pandémie de la Covid-19’’.

Le ministre de poursuivre : ‘’Le financement initial et l’expertise de l’Équipe Europe et d’autres partenaires tels que les États-Unis et le groupe de la Banque Mondiale, mais aussi les bailleurs régionaux, permettront d’accélérer la construction de la nouvelle usine de production, d’améliorer l’accès à des vaccins à des prix abordables en Afrique et de faciliter la production de vaccins pour faire face efficacement aux pandémies’’.

Le projet de l’IPD est estimé à 200 millions d’euros et près de 300 personnes seront employés dans l’usine, a fait savoir M. Breton qui annonce que l’Europe ne sera pas en reste dans l’accompagnement de ce projet. Dans ce cadre, renseigne le communiqué commun, ‘’le ministère fédéral allemand de la Coopération et du Développement économique (BMZ) soutient le centre de production du Sénégal avec une subvention de 20 millions d’euros, par l’intermédiaire de la KfW, la banque allemande de développement’’.

A côté, ‘’la France, au travers de l’Agence française de développement (AFD), a déjà octroyé deux premiers financements pour un total de 1,8 million d’euros au projet Madiba (Manufacturing in Africa for Disease Immunisation and Building Autonomy) de l’Institut Pasteur de Dakar pour les études de faisabilité et les premiers investissements. Le groupe AFD et sa filiale secteur privé, Proparco, travaillent également au cœur du groupe des partenaires techniques et financiers à structurer le projet pour finaliser un soutien financier de plus grande ampleur, rappelle-t-on.

Pour sa part, ‘’la Belgique soutiendra le Sénégal dans ses initiatives pour structurer la production de vaccins et de produits pharmaceutiques, notamment avec le centre pharmaceutique Pharmapolis. La Belgique se félicite également qu’une entreprise belge de biotechnologie active dans les nouvelles plateformes de bioproduction établisse, avec l’appui de la Wallonie, un partenariat avec l’Institut Pasteur de Dakar, pour le renforcement des capacités et le transfert de technologies’’.

Enfin, ‘’la Commission européenne examine actuellement avec les autorités sénégalaises la possibilité de mobiliser des fonds supplémentaires d’ici la fin de l’année 2021, au titre du nouvel instrument NDICI/Global Europe pour soutenir ce projet. Cela se ferait dans le cadre de l’initiative Équipe Europe, dotée d’un budget d’un milliard d’euros, pour stimuler la fabrication de vaccins et de médicaments, et développer les technologies de la santé en Afrique et l’accès à ces vaccins et technologies’’