NETTALI.COM – Mouhamadou Mounirou Sy est formel. Pour lui, l’Afrique doit voler de ses propres ailes pour prendre la voie de l’émergence. Et à son avis, les pays africains doivent mettre une croix sur le franc Cfa.

Le Juriste et ancien directeur du Bureau sénégalais du droit d’auteur (Bsda) était devant le Jury du dimanche sur Iradio, pour parler de “L’Afrique, après 60 ans d’indépendance“. Selon lui, la mère des continents doit commencer par être debout car, pense-t-il, “quand on est debout, on occupe moins de place. Si on est couché, on occupe plus d’espace. Et quand est debout, on a tendance à marcher et qui marche avance“.

Poursuivant, il estime que, économiquement, il faut revoir ce que l’on appelle la clé de voûte de l’économie : la monnaie. “Il faut quitter le Cfa. Tous les avantages que le Cfa donnent ne sont que l’arbre qui cache la forêt. Les inconvénients sont multiples et mille fois plus importants que le peu davantage que le Cfa nous donne“, a déclaré Mouhamadou Mounirou Sy, l’auteur des “Sirènes de Gao”.

Il relève, pour le regretter, que l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Ouest sont les deux parties de l’Afrique les moins développées. Et la monnaie est le facteur qui justifie cet état de fait. “On partage la même monnaie et on est sous développé. Aujourd’hui, le Kenya s’en va. Les pays maghrébins nous dépassent de loin. Actuellement, le Maroc reçoit des émigrés espagnols qui viennent travailler chez eux“, constate-t-il avec regret. Avant d’ajouter : “On ne peut imposer sa manière de vivre ailleurs à une population qui n’est pas identique à la tienne.

A son avis, aujourd’hui, l’Afrique doit commencer par rompre cette chaîne. Puisque celui qui détient les cordons de la bourse, détient le pouvoir de commandement. “Il faut qu’on essaye de nous libérer des institutions de Breton Woods : Fmi, Banque mondiale. Ces institutions ont un agenda qu’elles déroulent sinon l’Afrique n’aura pas d’aides ni accompagnement. À chaque fois que ces institutions vous prêtent de l’argent, elles intègrent la notion genre. Promotion du genre. Le genre on sait. Ce n’est pas seulement l’homme et la femme, mais également l’autre qui est entre les deux”, dénonce-t-il. “Il faut que le droit positif l’accepte dans ton pays pour que l’on puisse t’aider, t’accompagner financièrement. Et ceci est anachronique par rapport à la société africaine. Alors que le Droit, je l’ai dit dans le livre, est culturel. On ne peut imposer sa manière de vivre ailleurs à une population qui n’est pas identique à tienne“, a laissé entendre Mounirou Sy.