NETTALI.COM – Dans un contexte marqué la recrudescence de crimes multiformes, le projet Groupe d’action rapide de surveillance et intervention au sahel (GARSI) a vu le jour.  Arrivé à son terme, le bilan de ses actions a été rendu public, hier par la gendarmerie nationale. 

Le projet Groupe d’action rapide de surveillance et intervention au sahel (GARSI), a été installé à Kidira, il y a 3 ans pour une durée totale de 40 mois. L’objectif de ce projet, financé par le Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique de la Commission européenne à hauteur de 4,700 milliards F CFA (7,2 millions d’euros), était de contribuer à la sécurité des populations et à la stabilisation des zones isolées/reculées et transfrontalières, comme condition pour leur développement socio-économique durable. Il a contribué à la mise en place d’une unité spéciale de surveillance et intervention de 200 gendarmes, actuellement déployée à Kidira.

Hier, lors de la cérémonie de clôture et restitution du Projet GARSI-Sahel au Sénégal, le Haut commandant de la gendarmerie nationale et directeur de la justice militaire a livré son bilan d’action. Selon le Général de DivisionJean Baptiste Tine, le GARSI a pu relever les multiples défis sécuritaires de l’heure. Ila obtenu à son actif, précise-t-il, plus de 22 000 personnes contrôlées et identifiées dont 1043 interpellées et 186 arrêtées, 3748 véhicules contrôlés dont 250 immobilisés, 8699 motocyclettes contrôlées dont 536 immobilisées, 1317 patrouilles diurnes et nocturnes effectuées, 488 contrôlesroutierseffectués,215 opérations de sécurisation menées, 201 visites de secteurs effectuées. A cela s’ajoute, 143 armes blanches, 15 armes de chasses, plus de 120 kg d’explosifs et 50 dragues saisis et détruites. “Je renouvelle mon souhait de voir se poursuivre le partenariat avec l’Union européenne par la création d’un GARSI à Kédougou, compte tenu des enjeux sécuritaires dans cette partie du pays. L’évolution de ce projet illustre l’importance de ce type d’unité caractérisée par la pluridisciplinarité, la robustesse, l’autonomie et la réactivité. Ces caractéristiques intrinsèques du GARSI, combinées au professionnalisme des hommes en tenue qui le composent, constituent un atout majeur dont la résultante est une parfaite connaissance du terrain, une collaboration franche et étroite avec les populations et une efficacité dans l’action’’,a confié le Général Tine.

Pour l’Ambassadrice de l’Union européenne au Sénégal, la création de cette unité spéciale d’intervention dans l’Est du pays s’avère plus que jamais pertinente et nécessaire, parce que le panorama sécuritaire régional est, lui, toujours plus fragile. Que ce soit, selon Irène Mingasson, en raison de l’instabilité politique consécutive au décès du Président Deby au Tchad ou encore du deuxième coup d’Etat survenu au Mali, fin mai, la stabilité et la sécurité régionale est toujours mise à mal. Dès son origine, poursuit-elle, le projet GARSI s’est inscrit dans une stratégie plus globale de l’UE pour la région du Sahel, qui part du principe qu’ici, dans cette région, comme ailleurs, sécurité et développement sont deux notions interdépendantes, qui ne peuvent exister de manière pérenne l’une sans l’autre. Le GARSI est respecté et reconnu par les populations locales comme un outil concret pour garantir leur sécurité, avec professionnalisme et respect.