NETTALI.COM – L’affaire opposant Serigne Bassirou Mbacké à quatre ex-éléments du poste de police de Gouy Mbind de Touba n’a pas fini de révéler tous ses secrets. Alors que les auditions des deux parties n’ont pas encore démarré, Serigne Bassirou Mbacké s’est adressé à la presse, hier. Il veut que son honneur soit lavé et que toute la lumière soit faite sur cette affaire qui aurait terni son image.

 

Serigne Bassirou Mbacké n’est pas encore remis des violences infligées, le 10 mai, par des anciens éléments de la brigade de recherches du poste de police de Gouy Mbind. Le petit-fils de Feu Serigne Moustapha Bassirou Mbacké, grand-frère de l’actuel khalife général des mourides, veut que l’affaire qui l’oppose aux ex-limiers de la brigade de recherches de Gouy Mbind soit élucidée pour de bon.

Il est revenu, pendant 25 minutes, sur les faits. Après avoir magnifié la solidarité de ses parents, amis et frères de sang, en particulier, et toute la grande famille de Serigne Touba, Serigne Bassirou Mbacké a déclaré : “Après la déclaration qui a été faite par une partie de ma famille, je me fais le devoir de venir m’adresser à la presse, pour donner ma version des faits. Je le fais pour que tout le monde soit édifié sur ce qui s’est passé le 10 mai, entre 09H30mn et 10H”.

Il poursuit : “Ce que je dis, c’est toute la vérité, rien que la vérité et toute la vérité. Le commissaire Faye et les quatre éléments qui étaient venus ici peuvent en témoigner. Quelqu’un a toqué à ma porte. Je suis allé ouvrir et je l’ai entrebâillée. Il m’a dit : “quelqu’un a besoin de vous’’. Je lui ai répondu : “qui ?’’ Il m’a dit : “Bassirou Touré’’. Je lui ai demandé de revenir vers 12h, parce que j’étais en train de dormir. Mais, un homme habillé en blanc a poussé la porte. Je l’ai empoigné et il m’a dit que c’était la police. Je lui ai demandé de me permettre de m’habiller. Il a refusé et d’autres policiers sont venus à la rescousse. Ils m’ont menotté devant mes enfants qui ne cessaient de pleurer. Le bruit a réveillé ma mère qui a été bousculée et frappée. Ils m’ont trainé et l’un d’eux s’est agrippé à mes parties intimes. Dans ce méli-mélo, je n’ai reconnu qu’un policier qui était habillé en blanc”

Bassirou Mbacké de poursuivre : “J’ai ensuite demandé à Cheikh Abdou Latif qui venait d’arriver qu’on m’enlève les menottes. Cheikh Abdou Latif a appelé le commissaire Sarr. Ce dernier a demandé aux policiers de m’ôter les menottes, mais, ils ont refusé, arguant que les clefs étaient perdues. Ensuite, un policier m’a dit : “Bassirou Touré, lèves-toi !’’. Je lui ai répondu : “c’est qui Bassirou Touré’’ ? Ensuite, je suis monté dans le véhicule de Cheikh Abdou Latif et nous nous sommes dirigés au commissariat de Gouy Mbind. Arrivé sur les lieux, le commissaire Faye m’a dit : ‘Bassirou Touré, depuis 2 mois, on te recherche et on t’a remis des convocations et tu n’as pas daigné répondre’’. Je lui ai répondu : “Je ne suis pas Bassirou Touré’’. Il est sorti du bureau et cinq minutes après, il est revenu pour me dire qu’ils se sont trompés sur la personne, mais que c’est bien ma maison qui leur a été indiquée’’.

Pour le marabout qui était, pour la circonstance, entouré de proches, il faut que la lumière soit faite sur cette affaire qui lui a beaucoup porté préjudice. “Ensuite, après l’arrivée du commissaire Sarr, nous sommes partis voir Serigne Moussa Nawel. Le commissaire Faye s’est excusé. Serigne Moussa leur a dit : “donc, vous reconnaissez que vous lui avez causé du tort’’. A la suite de l’entretien, nous nous sommes rendus chez le khalife général des mourides. Arrivés sur les lieux, commissaire Faye a présenté ses excuses, non sans regretter qu’ils se soient trompé de domicile, mais aussi que les éléments envoyés leur aient, dans le passé, causé beaucoup de torts. Serigne Mountakha, à deux reprises, leur a témoigné de ma droiture. Il m’a ensuite demandé de garder foi en Dieu. Je lui ai que je voulais que mon honneur soit lavé, après tous ces torts qu’ils ont commis surmoi. J’ai porté plainte auprès du procureur, pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire.”

(avec Enquête)