NETTALI.COM-15 ans de réclusion criminelle. C’est la peine que le parquet a requise ce mardi 6 avril 2021 contre Aïda Sagna. L’accusée, présentée comme l’épouse d’un terroriste recruteur, était attraite devant la chambre criminelle spéciale de Dakar pour acte de terrorisme.

Mère deux enfants âgées de 22 et de 23 ans, Aida Sagna a comparu, ce mardi, à la barre de la chambre criminelle de Dakar pour acte de terrorisme. Elle a été arrêtée en février. Ce, après qu’elle a été suspectée d’avoir été en Lybie pour faire le djihad. Des faits qu’elle a niés devant le prétoire.

Surveillante au moment des faits dans une école privée, elle a expliqué que l’objet de son voyage en Lybie c’était pour aller se soigner. A l’en croire, c’est son amie, une certaine Mariama Baldé qui l’avait mise en rapport avec le Libyen Youssoupha. Et, c’est ce dernier qui, soutient-elle, avait pris en charge ses frais médicaux. « J’ai voyagé toute seule à bord d’un véhicule. J’avais laissé mon mari au Sénégal », a déclaré l’accusée qui, sur une question du juge, n’a pas brandi les documents attestant qu’elle a été en Lybie pour des soins médicaux. « Ils sont entre les mains des policiers », s’est-elle contentée de dire tout en précisant qu’elle n’a jamais été victime de sévices au pays du défunt président Kadhafi.

Une précision qui est en porte à faux avec ses déclarations à l’enquête préliminaire où elle disait avoir été condamnée là-bas. « J’ai été arrêtée parce que j’étais sur les lieux des bombardements à Sabrata. J’ai une fois assisté au combat et c’est celui de Sabrata. Je n’ai jamais vu de kalachnikov, ni de ceinture d’explosive. Je ne connais rien de tout cela. Je n’ai fait que 2 ou 3 mois en Libye, si je me souviens bien », a souligne-t-elle.

Toujours dans ses déclarations, l’accusée dit qu’elle a commencé à porter la burqa depuis très longtemps. Une version contestée par son oncle, son directeur d’école ainsi que son fils. Ce dernier soutenait que sa mère portait la burqa depuis qu’elle s’est mariée à Lamine Ndiaye. Qui, poursuit le fils, avait mis des idées djihadistes dans sa tête. Il l’avait séparé de sa famille et ses proches parents laissant penser qu’elle s’était faite explosée en Kamikaze en Lybie.

Entendu à titre de simple renseignement, le fils de l’accusée, Pape Ousmane Badiane, a confirmé la maladie de sa mère. Elle lui avait confié que c’était un fibrome. Et il lui avait conseillé d’aller à l’hôpital pour se soigner. S’agissant de son beau-père, il dit l’avoir rencontré une fois chez sa mère et il l’avait trouvé bizarre. « Pourquoi ?», lui a demandé le juge qui n’obtiendra pas de réponse à cause du mutisme dans lequel le témoin s’est emmuré. Toutefois, il demeure convaincu que ce dernier est responsable de tout ce qui arrive à sa mère.

Le procureur estime que les faits reprochés à la dame ne souffrent d’aucune contestation. Etayant ses propos, il a souligné que la présence de l’accusée dans la ville de Sabrata, un bastion de l’Etat islamique n’était pas fortuite. Elle a, de l’avis du maitre des poursuites, apporté son soutien aux entités djihadistes.

Pour sa répression, il a été requis 15 ans de travaux forcés contre elle.

Les avocats de la défense ont plaidé l’acquittement.

L’affaire est mise en délibéré pour jugement qui sera rendu le 29 avril 2021