CONTRIBUTION – Ce week – end notre pays renoue avec ce qu’il fait le mieux : fêter, chanter et célébrer notre façon pour nous  de rendre hommage à un compatriote, citoyen du monde avant l’heure, penseur et agitateur d’idées, éducateur et ministre ; panafricaniste depuis la FEANF en métropole ; monsieur Amadou Mahtar M’Bow mena parallèlement une carrière de haut fonctionnaire international. Il fut nommé membre du conseil exécutif de l’UNESCO en 1966 et y représenta la délégation sénégalaise avant qu’en 1970 il ne devienne le représentant du groupe des États africains puis le Directeur Général de l’UNESCO en 1974 avec le soutien de tous les pays membres de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA). Quel prestige pour un compatriote.

Makhtar MBOW inspire toute la jeunesse africaine qui se retrouve dans son parcours de son louga natal en passant par l’école coranique puis William Ponty ; ensuite les amphis de la Sorbonne sans oublier son enrôlement pour les besoins de la seconde guerre mondiale. Les parcours exceptionnels font les grands hommes ; pour le cas de notre compatriote le chemin fut longet parseméd’embûches mais c’est sans compter avec sa patience; sa persévérance dans les études et la formation ; ses convictions fortes et sa foi en l’avenir.

Premier citoyen d’un pays du tiers monde à la tête de l’UNESCO notre compatriote donna une grande visibilité à l’institution grâce à sa vision et son acharnement au travail ; il permit aux pays d’Afrique et d’Asie de bâtir des systèmes éducatifs autour de leurs cultures et leurs priorités de développement en lieu et place aux systèmes d’éducation hérités des colons ce qui permit de poser les bases d’une émancipation des peuples du tiers monde.

L’éducation ; la formation ; la culture scientifique et technique furent l’alpha et l’omega de la profession de foi de l’homme durant son magistère à la tête de l’UNESCO et permet d’affirmer que Amadou Makhtar MBow est un précurseur de la grande révolution planétaire centrée autour des nouvelles technologies de l’information et de la communication que nous vivions actuellement.

Chantre du combat pour le Nouvel ordre mondial de l’Information et de la Communication (Nomic) avec les pays en développement en position de rattraper l’hexagone dans les sciences et la technique l’ancien Directeur Général de l’UNESCO faisait déjà une prophétie avec l’avènement du numérique et du digital qui consacrent l’ordinateur ou le Smartphone comme réceptacles de choix des flux d’information.

Déjà dans les années 1970 Amadou Makhtar Mbow nous avertissait que la prochaine révolution était dans les bits et digits ; les pays du nord le comprirent mieux que nous en investissant massivement dans la recherche sur le microprocesseur et la transmission des données sur le cuivre puis la fibre optique. Aujourd’hui l’économie mondiale n’est plus dominée par Exxonmobil et Chevron les géants du pétrole et du gaz ; ni Citibank ; Chase M. Bank or Paribas les géants de la banque et de la finance ; ni General Electric ou Boeing ou Thomson.

Au contraire et comme pour confirmer notre compatriote A. Makhtar MBow notre monde est dominé par les GAFA à savoir  : Google, Apple, Facebook et Amazon.

Ses quatre entreprises américaines  des systèmes d’information ; des réseaux sociaux ; du e – commerce et des smartphones font en termes de  capitalisation boursière agrégée plus de 100 fois le PIB du continent africain.

D’ailleurs l’homme le plus riche du monde dont la fortune personnelle fait 35 fois le PIB de l’UEMOA réunie est Jeff Bezos le fondateur d’Amazon.

Si l’Afrique avait prêté une oreille attentive à l’ancien DG de l’UNESCO et forme’ massivement dans les sciences et technologies notamment les NTIC  nos jeunes ne seraient pas désœuvrés au point de prendre des pirogues de fortune pour l’Europe.. et que dire de la rébellion urbaine que des pays comme le Sénégal ont connu récemment parce que l’emploi et l’insertion professionnelle manquent pour les jeunes.

Plus récemment l’ancien DG de l’UNESCO présida les assises nationales ou tous les représentants de la société sénégalaise furent réunis autour de l’urgence de procéder à des réformes en profondeur de notre pays. Notre état jacobin centré autour d’un président trop puissant ; une assemblée nationale ringarde et une justice non indépendante sont les empreintes qui ne correspondent plus à ce que veulent les sénégalais.

Aujourd’hui comment situer la suite réservée aux recommandations des assises nationales surtout au regard de l’épisode douloureux que notre pays vient de vivre et qui a failli emporter la république. Notre compatriote Amadou Makhtar MBow nous parle toujours ; nous devons maintenant assumer..

 

Moustapha DIAKHATE

 

Expert et Consultant

 

Ex Cons Spécial Premier Ministre