NETTALI.COM- La communauté internationale célèbre, ce 22mars, la journée dédiée à l’eau. Dans la commune de Mbacké, l’heure n’est pas à la fête. Et pour cause ! Le liquide précieux servi aux populations de ladite collectivité territoriale est impropre à la consommation. Suffisant pour que les usagers refusent, depuis 17 mois, d’honorer les factures délivrées par la Sen’Eau.

Les populations de la commune de Mbacké souffrent d’un manque d’eau potable. Cette souffrance date d’une trentaine d’années et l’Etat ne fait rien pour régler ce problème. Face à cet impair, les usagers refusent, depuis 17 mois, d’honorer le paiement des factures d’eau de la Sen’Eau. Docteur Moustapha Mbodj, Président de l’association And Soppi Ndoxu Mbacké, face à la presse samedi dernier, demande aux populations “d’intensifier la lutte pour l’accès à une eau potable. La Sen’Eau joue du dilatoire, alors que le temps est son propre ennemi, à cause des pertes qu’elle subies’’. Et le président d’And Sopi Ndoxu Mbacké d’expliquer en ces termes les raisons de leur courroux : “L’eau est non-potable et elle est source de beaucoup de maladies. Cela fait deux ans que la population demande une eau de qualité. Des décisions de justice sont venues nous donner raison et des analyses ont été faites par des laboratoires dont l’Institut Pasteur de Dakar. Qui a confirmé que l’eau était impropre à la consommation. La Sen’Eau a proposé de mettre une usine de traitement. Ensuite, elle a dit qu’elle allait implanter des forages à 45 km de Mbacké. Mais jusque-là, nous attendons qu’elle respecte ses engagements. Mis à part l’électricité et l’eau de javel, l’entreprise ne consent aucune dépense. Par conséquent, nous ne lui devons rien. Au contraire, c’est elle qui devrait penser à indemniser les populations pour ce tort de plus de 20 ans causé à la population.”

D’ailleurs, rappelle  EnQuête eau commercialisée par la Sen’Eau à Mbacké fait l’objet d’un procès au tribunal de grande instance de Diourbel en 2020. La Sénégalaise des eaux a été priée de résoudre ce problème, parce que les expertises faites par des laboratoires engagés montrent que le liquide précieux proposé aux foyers est loin de répondre aux normes de l’Organisation mondiale de la santé et qu’elle est impropre à la consommation. Dans son verdict, le tribunal de grande instance de Diourbel a accédé à la requête de l’association And Soppi Ndoxu Mbacké, impliquant le laboratoire Pasteur pour satisfaire à l’expertise, non sans lui demander de jauger la qualité de l’eau au regard des normes internationales fixées pour attester de la potabilité d’une eau. Le tribunal a aussi demandé à la société de payer aux dépens. Mieux, les résultats d’une étude faite en 2019 de la Cellule stratégique et de développement industriel de Mbacké un organisme à but non-lucratif qui regroupe les professeurs Faye Babacar, Diop Cheikh de la faculté de Médecine, Pharmacie et Odontostomatologie de l’université Cheikh Anta Diop ; Abdou Karim Fall de l’Irca et Mame Fatou Saër Mbacké sur la qualité des eaux de robinet et la prévalence des maladies hydriques au niveau des quartiers Escale, Palène Centre, Palène Est, Eau de forage ont montré “que la quasi-totalité des paramètres physicochimiques ne sont pas conformes aux normes recommandées par l’Organisation mondiale de la santé, surtout le taux de chlorures qui est ici particulièrement élevé. La teneur en fer aussi dépasse largement dans certains cas les objectifs esthétiques. Par contre, sur le plan microbiologique, nos résultats ont montré que les eaux ne contiennent pas de micro-organismes. Cela pourrait être lié au surdosage en chlorure qui pourrait être à l’origine de la désactivation de la plupart des microorganismes’’.

Interpellé sur la mauvaise qualité de l’eau servie à la population de Mbacké, lors du comité régional de développement consacré aux projets de son département dans la région de Diourbel, le ministre Serigne Mbaye Thiam avait répondu que les mesures idoines allaient être prises pour le règlement de cette question. Il ajoutait que la situation n’était pas propre à la commune de Mbacké, mais à l’ensemble de la zone Centre. Il terminait en invitant les populations à payer les factures d’eau délivrées par la Sen’Eau.