NETTALI.COM – Alors qu’on lui prête l’ambition secrète de vouloir succéder à Macky Sall, Aminata Touré cache son jeu. Mais, dans les colonnes de Jeune Afrique, elle prend date.

Interrogée, début janvier 2020, sur la question de la limitation des mandats présidentiels, Aminata Touré, de la tribune du Grand Jury, sur Rfm, déclarait ceci : “Je pense qu’il (Macky Sall, ndlr) souhaite se concentrer sur le travail. Je considère que la question politique occupe trop de place dans la place publique. Après que le Président a gagné une élection, il y a juste moins d’un an. Maintenant, il faut travailler. Il a déjà donné sa réponse. Je peux même comprendre que la question puisse l’énerver. Cela nous écarte des questions essentielles. Les politiciens ne sont pas les seuls représentants de la société sénégalaise.  Il a déjà répondu depuis le 31 décembre. Quand vous avez débattu moult fois sur la question et qu’on continue de la poser… Il vous l’a dit les yeux dans les yeux. Ce débat, le fait de l’entretenir nous écarte de l’essentiel.”

Toutefois, au cours de cet entretien avec Babacare Fall, l’ex-Premier ministre n’excluait pas qu’une femme dirige le Sénégal. “Pourquoi pas“, répondait-elle, à une question dans ce sens, non sans appeler à “briser le plafond de verre“.

Aujourd’hui, elle décode un peu ce langage clair-obscur et précise sa pensée, dans les colonnes de Jeune Afrique.

De l’avis de l’ex-présidente du Conseil économique, social et environnemental, “en politique, l’ambition n’est pas un délit, au contraire”. “Dans un système politique concurrentiel, on ne reste pas assis à regarder passer les trains. Un politicien sans ambitions, c’est un politicien qui ne vous dit pas la vérité. Bien sûr, encore faut-il que cette ambition dévorante et ne vous conduise pas à la déloyauté. Mais elle est le signe qu’on souhaite passer à une étape ultérieure, pour être encore plus utile au pays. Personnellement, je suis pour que l’on célèbre l’ambition saine. Concernant les ministres qui ont quitté leur fonction, c’est à eux de définir comment ils se projettent pour la suite”, confie Mimi Touré à l’hebdomadaire parisien.

Précisant sa pensée sur les ambitions présidentielles qu’on lui prête, elle prend date en ces termes : “Nous en parlerons en temps voulu. J’ai déjà dit que ce débat me paraissait prématuré. Tant de défis se posent à nous, notamment avec cette pandémie, qu’on ne va pas faire de la politique du matin au soir pendant les trois prochaines années. On peut s’exprimer sur des positions de principe, on peut rassembler ses amis, mais les ambitions politiques des uns et des autres ne sauraient devenir l’activité numéro 1 du pays comme s’il s’agissait de sa production nationale brute.”

Pour rappel, Aminata Touré s’est prononcée dans un entretien avec Jeune Afrique. Entretien, au long protocole, dont les bonnes feuilles sont disponibles sur le site du célèbre hebdomadaire.