NETTALI.COM - Entre le maire de Pikine-Ouest et le collectif Sama suuf ma yokk sama armel, les relations sont heurtées, à cause du dossier de l’extension du cimetière de Pikine. Après les échauffourées et les arrestations de jeudi dernier, le collectif a fait le point.

La mobilisation du collectif Sama suuf ma yokk sama armel (2SMYSSA) du jeudi 22 octobre dernier a porté ses fruits, selon les initiateurs. Ils sont allés en masse assister au conseil municipal, comme l’autorise l'article 148 du Code général des collectivités locales. Résultats des courses : il y a eu des arrestations et plusieurs vitres cassées à la mairie de Pikine-Ouest.

Ainsi, le collectif a annoncé, hier, au cours d’une conférence de presse, deux victoires. D'abord, souligne le porte-parole Daouda Guèye, le sous-préfet a reconnu qu'il n'a jamais assisté à un pareil conseil municipal et que le ministre de l'Intérieur l'a contacté pour s'enquérir de la situation. Cela signifie, poursuit-il, que leur plaidoyer est arrivé en haut lieu. Ensuite, soutient-il, “la mobilisation des Pikinoises et des Pikinois, combinée avec la combativité de certains conseillers municipaux, a contraint Pape Gorgui Ndong à inscrire le dossier de l’extension du cimetière dans le document à transmettre au sous-préfet’’.

Ainsi, sa satisfaction réside dans le fait que “le combat est en train de se massifier avec des imams et la société civile locale. Le collectif a rencontré le maire de Pikine-Ouest, le samedi 17 octobre, vers 20 h, après avoir rencontré le maire de la ville de Pikine, le vendredi 16 septembre, et effectué avec lui une visite du site correspondant au titre foncier DP/50 mitoyen au cimetière’’, explique M. Guèye. Toutefois, à la différence du maire de la ville Abdoulaye Timbo qui, après avoir pris des informations, a signifié son adhésion à la mobilisation et au plaidoyer pour l'extension du cimetière, le maire de la commune de Pikine-Ouest a, lui, clairement dit qu'il ne rejoint pas le collectif dans sa demande. Puis, trois jours après la rencontre au cours de laquelle le collectif lui a exprimé le souhait des Pikinois relatif à l'extension du cimetière, renseigne le porte-parole, le maire a convoqué le conseil municipal pour délibérer sur le site.

Sur la convocation, “nulle évocation de l'extension du cimetière. Voilà pourquoi les populations se sont déplacées massivement pour aller assister au conseil municipal, conformément à l'article 148 du Code général des collectivités locales. Cette loi a été foulée aux pieds et les populations (ont été) frustrées de ne pouvoir exercer leur droit. Il s'en est suivi une répression arbitraire à coups de gaz lacrymogènes, de violences verbales et, à la limite, physiques.

Le collectif déplore tout cela et condamne la propension à substituer la force à la loi’’, martèle M. Guèye. Le collectif dénonce également le fait que la majorité mécanique du maire de Pikine-Ouest ait voté l'extension du site de Wat-Gaïndé, sans qu'un plan de masse détaillant l'utilisation qui va en être faite n'ait été porté à leur connaissance par leur maire. D'ailleurs, des conseillers ont refusé de voter, parce qu'ils n'ont pas vu le plan de masse. Le même collectif de regretter les propos remplis de “mépris’’ du maire Pape Gorgui Ndong à l'endroit des Pikinois, quand il déclare, avec condescendance, qu'ils sont entraînés dans un combat par ignorance. “Face aux aveux de M. Ndong et du sous-préfet concernant leur impuissance à empêcher la poursuite des constructions illégales sur le titre foncier DP/50, le collectif demande à l'État de sévir, en enlevant toutes ces constructions.

Le collectif s'adresse au président de la République Macky Sall : “Vous avez construit deux mosquées modernes en banlieue, à Guédiawaye et à Pikine. Nous demandons de boucler la boucle, en réalisant l'extension du cimetière municipal de Pikine. Pikine et la banlieue ne l'oublieront jamais.’’ Le collectif milite aussi pour l'aménagement d'un parking et d'une morgue avec toutes les commodités, sur les 12,7 ha mitoyens au cimetière ouvert en 1952 et dont la superficie actuelle est de 4 ha. “Le collectif compte, dès demain, saisir le sous-préfet d'une lettre, pour lui signifier sa disponibilité à siéger dans le comité qu'il a évoqué pendant le conseil municipal. Aussi, ce combat est connexe à celui pour le maintien de ‘Terrain Thiossane’ à nous autres supporters de l'ASC Thiossane de Pikine. Nous n'accepterons pas, alors pas du tout, que des prédateurs fonciers nous volent ce terrain, ce patrimoine qui fait partie de l'histoire et de l'imaginaire collectif de notre quartier. Nous ne quittons pas ‘Terrain Thiossane’ !’’, fulmine un Daouda Guèye très déterminé.

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