NETTALI.COM – Depuis la propagation de la crise de la Covid-19 dans la zone UEMOA, la BCEAO est à la manœuvre pour appuyer une économie régionale sous pression où la croissance devrait cette année se contracter à 2,4%, contre une prévision initiale de 6,6%. Aux mesures de soutien au secteur financier ont succédé la mise en place des ”Bons Covid-19” qui ont permis aux Etats de mobiliser en l’espace d’un mois plus de 1 000 milliards FCFA pour répondre rapidement à leurs besoins urgents de trésorerie pour faire face à la crise. Et pour renforcer la résilience de la région, l’institution monétaire a, le 24 juin dernier, ramené son taux minimum de soumission à 2,0%, soit l’un des plus faibles en Afrique.
” En fonction de l’évolution de la situation, et conformément à son mandat, la BCEAO prendra toutes les mesures appropriées pour accompagner les économies de l’union ” assure dans cet entretien le gouverneur Tiémoko Meyliet Koné qui vient d’être reconduit à la tête de l’intution pour un nouveau mandat de 6 ans.
Des premiers effets des mesures annoncées et les enjeux qui les ont portées aux projets et réformes en cours, Tiémoko Meyliet Koné passe en revue un ensemble de dispositifs qui devraient soutenir la résilience des économies de la zone qui est l’un des principaux bassins de la croissance en Afrique.

Dès le début de la crise, la BCEAO a pris un certain nombre de mesures de soutien parmi lesquelles un accroissement de la liquidité en faveur des banques et une structuration de bons Covid-19 en faveur des Etats. Êtes-vous satisfait de la mise en œuvre de ces mesures et les objectifs ont-ils été atteints ? D’autres mesures pourraient-elles être envisagées ?

Il est vrai que, dès le début de la crise, la BCEAO a pris des mesures de soutien en faveur du secteur bancaire et financier. Cela consistait à accroître de plus de 1 500 milliards de FCFA la liquidité octroyée à ce secteur. Ces ressources ont ainsi permis aux banques de maintenir leurs activités de financement et d’accorder des reports d’échéance aux entreprises affectées par la crise. Déjà à fin mai 2020, les banques avaient accordé des reports d’échéance pour un montant de 57,3 milliards, en faveur de plus de 800 entreprises et de 3 500 particuliers. Concomitamment, l’encours des crédits à l’économie a progressé de 1,8 % entre février et mai 2020.
Déjà à fin mai 2020, les banques avaient accordé des reports d’échéance pour un montant de 57,3 milliards, en faveur de plus de 800 entreprises et de 3 500 particuliers.
Les bons Covid-19, structurés en faveur des États, leur ont permis de mobiliser sur le marché financier régional plus de mille milliards de FCFA à des conditions très avantageuses, pour un financement rapide de leurs plans de riposte et de relance, en attendant les mobilisations d’autres ressources et appuis budgétaires d’ici la fin de l’année 2020.
Enfin, les mesures en faveur de l’utilisation accrue des moyens de paiement digitaux, destinées à limiter les déplacements et les contacts entre les personnes, ont eu un effet très favorable sur le recours à la monnaie électronique et l’utilisation des services financiers digitaux.
Au regard de ces premiers résultats, nous sommes plutôt satisfaits des retombées de ces mesures. Nous continuons d’inciter les banques à s’approprier davantage l’ensemble des mesures de soutien mises en place par la BCEAO afin que celles-ci puissent atteindre leur plein effet.
En fonction de l’évolution de la situation, et conformément à son mandat, la BCEAO prendra toutes les mesures appropriées pour accompagner les économies de l’Union.
Le plus important, c’est que nous suivons quotidiennement l’évolution de cette crise dont on ne cerne pas encore bien l’ampleur et la durée définitive. En fonction de l’évolution de la situation, et conformément à son mandat, la BCEAO prendra toutes les mesures appropriées pour accompagner les économies de l’Union.

Est-il prévu des mesures d’accompagnement pour doper la relance de la machine économique une fois la crise passée ?

Au début de la crise, comme vous le savez, tous les États de l’Union ont mis en œuvre des plans de riposte pour freiner la propagation de la maladie, mais aussi pour réduire ses effets négatifs sur l’économie. Aujourd’hui, ces pays, à l’instar de ceux d’autres régions du monde, s’orientent vers un assouplissement des mesures de restrictions tout en introduisant des plans de relance économique. Dans le but de soutenir ces plans de relance et de contribuer à cette dynamique, le Comité de Politique Monétaire de la BCEAO a décidé, récemment, de baisser de 50 points de base les taux directeurs de la Banque centrale. Le taux minimum de soumission est désormais de 2,0% au lieu de 2,5% auparavant.
(…) les banques peuvent désormais disposer de ressources financières auprès de la Banque Centrale au taux d’intérêt de 2,00%, l’un des plus faibles en Afrique.
Grâce à cette décision, les banques peuvent désormais disposer de ressources financières auprès de la Banque Centrale au taux d’intérêt de 2,00%, l’un des plus faibles en Afrique. Elles ont été invitées à répercuter cette baisse du coût de leurs ressources sur les taux d’intérêt des crédits accordés à la clientèle, en particulier les PME/PMI et les opérateurs économiques affectés par la crise sanitaire …

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