NETTALI.COM  – La polémique sur les séries télévisées est loin de s’estomper au Sénégal. Dans la ligne de mire de plusieurs organisations, “Infidèles” ne pourra certainement pas compter sur des professionnels du cinéma comme Moussa Sène Absa. Le cinéaste dénonce une “banalisation du sexe” dan ces séries.

Cinéaste talentueux et connu à travers le monde, Moussa Sène Absa a un point de vue qui compte dans la polémique sur les séries télévisées que beaucoup qualifient de productions perverses et nocives pour la société. Dans des propos repris notamment par Operanews, le cinéaste rufisquois dit ses quatre vérités aux producteurs de la série “Infidèles” diffusées par la Sen Tv.

Il y a une banalisation du sexe dans ces séries“, commencepar dire le cinéaste. Et Moussa Sène Absa de poursuivre : “Il y a un vrai problème du discours parce qu’il faut savoir comment dire les choses, comment montrer les choses et qu’est-ce qui est fondamental pour notre société.” Justement parlant d'”Infidèles”, il révèle avoir regarder la série. Mais c’est pour tout de suite ajouter : “J’ai regardé deux épisodes d’Infidèles et je ne m’y retrouve pas. Je trouve qu’il y a beaucoup de vulgarité et quand il y a de la vulgarité, il n’y a plus d’art. Quoi qu’on dise, nous avons aussi nos valeurs.”

Allant plus loin, le cinéaste détaille : “Quand j’ai vu une fille sortir un coton hygiénique… Je ne peux pas faire ça ! Je n’ai jamais vu une image qui montre cette intimité de la femme. Dans nos sociétés, il y a des choses qu’on ne dit pas et ce n’est pas de l’hypocrisie. C’est ce qu’on appelle le “woorma”. On sait que ça existe, mais ce ne sont pas des choses qu’on met devant le public. Ça manque d’élégance, ça manque de subtilité, de finesse.” “Est-ce qu’on doit laisser nos enfants et nos petits-enfants être modelés dans cette nouvelle culture qu’on veut nous imposer et qui nous dépasse, en fait?“, s’interroge-t-il. Avant de trancher : “Ces gens, je ne peux pas les appeler des réalisateurs, ce sont des techniciens de la télévision. ll y a une banalisation du sexe dans ces séries et ils vont tuer Dieu. C’est-à-dire utiliser des scènes que notre foi, chrétienne, musulmane ou animiste, n’accepte pas. C’est nous imposer un monde de libertinage, d’infidélité, un monde où la famille n’a plus de sens où la femme est réduite à un objet de désir et de sexe.”

Pourtant, Moussa Sène Absa tientà préciser qu’il n’est pas un censeur. Mais il est d’avis que chacun doit prendre ses responsabilités. “L’Etat, les producteurs, les réalisateurs aussi. Ce n’est pas parce que ça donne des vues, des buzz et que tout le monde en parle que c’est bien“, rappelle-t-il.