NETTALI. COM- Après plusieurs renvois, les trois suspects, arrêtés dans l’affaire de la présumée voleuse appréhendée à Sacré Cœur et humiliée, ont été jugés ce vendredi 14 août 2020. Des peines allant d’un à 2 ans ont été requises par le parquet.

Le Tribunal des flagrants délits de Dakar a finalement jugé ce vendredi Ibou Thiaw, Moussa Diallo et Boubacar Ndiaye pour les faits de collecte illicite de données à caractère personnel, attentat à la pudeur et outrage public à la pudeur.

Ils ont été arrêtés par la police de Dieuppeul après la diffusion d’une vidéo sur les réseaux sociaux les montrant faire subir un traitement dégradant à la dame F. Nd. Une fonctionnaire âgée 31 ans, qui ne jouit pas de toutes ses facultés mentales.

Interrogé, le trio a contesté les faits. Ibou Thiaw, l’homme qui tenait la victime sur la vidéo, a expliqué que c’est Abdou Diaw en fuite qui faisait les attouchements à la victime. A l’en croire, il ignorait ses réelles intentions car il croyait que le susnommé cherchait si la dame avait caché des objets sous ses habits.
Moussa Diallo a reconnu avoir filmé la victime mais prétend que c’était pour informer sa patronne du vol. Idem pour Babacar Ndiaye, qui dit-il avoir voulu garder les images pour se prémunir d’un éventuel vol.
Entendu, le père de la victime a écarté le vol en soutenant que sa fille, qui est comptable au ministère de la Santé, voulait acheter des habits pour la Tabaski et elle avait 50.000 F Cfa et son chéquier.

Les conseils de F. Ndoye se sont indignés des actes commis par les prévenus. Ils ont réclamé 10 millions F Cfa de dommages et intérêts.

Le parquet a abondé dans le même sens. Une peine ferme d’un an avec une amende de 100.000 F Cfa a été requise contre Ibou Thiaw pour les délits d’attentat à la pudeur et d’outrage public à la pudeur. Quant à Moussa Diallo et Babacar Ndiaye, ils risquent 5 ans dont 2 ans ferme pour les trois délits.

La défense a demandé que la constitution de partie civile de F. Ndoye soit rejetée si tant est qu’elle est déficiente mentale, donc incapable d’ester en justice et que son père n’a pas porté plainte. S’agissant des préventions, les avocats des prévenus ont demandé que l’attentat à la pudeur et l’outrage soient écartés. Ils ont sollicité la clémence pour la collecte de données.
Décision sera rendue le mardi 18 août.