NETTALI.COM – La fin du procès des DIACK en attendant de savoir le verdict, doit être un ouf de soulagement pour l’ancien patron de l’IAAF. Quelque soit l’issue, Lamaine DIACK a certainement hâte que les lumières de l’actualité s’éteignent sur cette affaire pour qu’il aille enfin se reposer. A son âge 87 ans, les va et vient au tribunal sont pesants, n’en parlons pas du feu roulant des questions des juges et des avocats. Seulement, l’avocat de l’IAAF au procès a craché du feu “Lamine Diack et son clan ont terni l’image de l’athlétisme. 

 Le nom de Diack est aujourd’hui synonyme de corruption dans le monde”. Avant de conclure “vous avez fait du mal à l’athlétisme, à l’IAAF et même à l’Afrique”. Ces mots risquent de résonner dans la tête du vieux pour le reste de sa vie.

 Lamine DIACK après son beau parcours, aurait pu s’éviter ce qui lui arrive s’il avait dit non à l’expertise de son fils à l’IAAF. Voilà pourquoi à moins qu’elle soit une entreprise familiale, les plus avertis évitent toujours de recruter leurs enfants à leurs côtés. Votre enfant peut être amené à faire des choses peu recommandables à votre insu ou si vous êtes au courant, grande est la tentation de le couvrir pour sauver l’honneur familial.

 Des échos du procès renseignent que Lamine DIACK aurait répondu que si qu’on dit de son fils Pape Massata est vrai, c’est un comportement de voyou. Clan et népotisme sont revenus dans les joutes verbales pour qualifier les DIACK. Le plus difficile, ce n’est pas s’ils sont coupables ou pas mais le regard inquisiteur partout où ils vont passer désormais.

 Pape Massata DIACK aurait dû aussi décliné l’offre d’aller travailler aux côtés de son père. Dans les années 2000, il s’est fait une réputation ici au Sénégal avec PAMODZI dans le marketing sportif. L’homme peut donc voler de ses propres ailes et faire son trou. Qu’avait-il besoin de proposer ses services à l’IAAF alors dirigé par son père. Il l’aurait fait après le départ de ce dernier, personne ne trouverait à redire. Je fais partie de ceux qui estiment que du moment où il n’a rien à se reprocher, Pape Massata aurait pu lui éviter ce que d’aucuns voient comme une prise d’otage. Tout porte à croire dans cette affaire que dame justice s’intéresse plus au fils qu’au père. 

 Quand on est engagé par le bien public dans tous les domaines d’ailleurs, la posture la plus sage est d’éviter de le privatiser en s’entourant de ses proches et amis. Dans la plupart des cas, ça se termine mal.  

 Le parcours élogieux de Lamine DIACK présageait pourtant d’une sortie en apothéose. Il a été un athlète de haut niveau au saut en longueur avant l’indépendance du Sénégal, en réussissant à devenir champion de France en 1958 avec un saut de 7,63 mètres. Il a été aussi champion de France universitaire en 1959 avec un bond de 7,72 m. 

 Justement dans cette France où il a été porté au pinacle sportif, c’est là où il est aujourd’hui traîné dans la boue. Ministre et Maire de Dakar sous SENGHOR. Président du Comité national olympique du Sénégal,  Vice-président de Primo Nebiolo, alors tout puissant patron de l’athlétisme mondial, c’est naturellement qu’il lui succède en 1999 suite au décès de l’italien. Pour moins qu’un tel parcours, beaucoup pour tout le diamant du monde, n’auraient jamais accepté de voir leurs noms ternis par la corruption, autant dire une histoire de petits sous, peu importent les montants en jeu.

Quand on sait se satisfaire de ce qu’on a, on résiste à la tentation et on dort du sommeil du juste.

 Nous l’aimons tous et il est des nôtres mais ses déboires judiciaires qui n’ont que trop durer, ont fini de le faire tomber de son 

piédestal.

 Mamadou THIOR

Journaliste