NETTALI.COM – Les 50 milliards $ que le FMI a promis de libérer à la rescousse des économies africaines, pour alléger les contrecoups néfastes du Coronavirus ne suffisent pas. C’est la conviction d’un haut responsable de l’Ocde.

Le Fonds monétaire international (FMI) est prêt à débloquer 50 milliards $ pour aider les pays à faire face au coronavirus. L’annonce a été faite mercredi 4 mars 2020 par Kristalina Georgieva, directrice du Fonds, lors d’une conférence de presse.

Toutefois, ce montant est jugé dérisoire par Arthur Minsat, économiste à la tête du département Afrique et Moyen-Orient de l’OCDE. Dans un entretien avec Point Afrique, il déclare : « Le Fonds monétaire international (FMI) a déjà pris des mesures en annonçant le déblocage de 50 milliards de dollars destinés en priorité aux pays d’Afrique. À mon sens, au vu de l’impact qui se prépare, ce n’est pas suffisant. Le gros enjeu, désormais, sera de faire valoir la part de production africaine dans les chaînes de valeur régionales. Il faudra se concentrer sur l’intérieur, car comme expliqué précédemment, même les petits marchés sont dépendants de l’extérieur. À cela s’ajoutera la question de la négociation de la dette. L’ampleur de la tâche est immense ».

Revenant sur les répercussions de la pandémie sur les économies africaines, il explique : « Pour le moment, nous n’avons pas de données en temps réel sur les conséquences économiques du coronavirus. Mais, pour moi, il est clair que le premier grand impact se fera sur les pays pétroliers du continent. Car le secteur souffre, en plus de l’épidémie de Covid-19, de la guerre commerciale qui oppose la Russie et l’Arabie saoudite sur le prix du baril. Fin décembre, le Nigeria, première économie d’Afrique, exportait à 63 dollars le baril. Aujourd’hui, il coûte 31 dollars. De par sa dépendance à la production d’hydrocarbures, il est parmi les plus menacés. Cette situation s’applique aussi à l’Angola, l’Égypte, le Soudan du Sud ou encore l’Algérie, dont l’économie est basée sur la production de gaz ».

« Les conséquences d’une contraction européenne sur le continent, ajoute-t-il, seront toutes aussi importantes, voire pires. Les pays d’Afrique du Nord, parmi les plus développés, vont beaucoup en souffrir. Le manque de touristes et le ralentissement généralisé d’autres industries en lien avec l’Europe vont fortement impacter ces pays. Car si la Chine est un partenaire de taille en Afrique, l’Europe l’est tout autant. Pour certains États, elle est même le principal ».