NETTALI.COM – Revenant sur le constat pessimiste du Fonds monétaire international sur la dette du Sénégal, la République des valeurs dénonce un silence complice de l’institution de Bretton Woods, qui a permis au régime d’aggraver la situation.

La cellule Economie de la République des valeurs ne décolère pas contre le Fonds monétaire international (FMI). Pour les camarades de Thierno Alassane Sall, l’institution de Bretton Woods est coupable du délit de ‘’dénonciation tardive’’ des dérives du régime relatives à la question de la dette. ‘’Le FMI vient finalement d’admettre que la dette du Sénégal est dans une trajectoire insoutenable, après avoir longtemps décerné des quitus au gouvernement. Pourquoi ce changement soudain, radical et tardif du FMI qui est censé scruter à la loupe la situation macroéconomique du Sénégal ?’’, s’interrogent les experts de la RV dans une déclaration qui nous est parvenue, hier.

Selon le document, il s’agit là d’un aveu cinglant des piètres performances enregistrées par l’économie sénégalaise sous la direction de Macky Sall et du cycle économique difficile qui s’ouvre. Très en colère contre l’institution financière internationale, la République des valeurs peste : ‘’Aujourd’hui, le FMI semble sortir de son hypnose. On pouvait attendre mieux de cette auguste institution ; comme qui dirait ‘’too little, too late !’’

A en croire les amis de Thierno Alassane Sall, cette dernière sortie du FMI sur l’endettement du Sénégal est d’autant plus navrante que la République des valeurs n’a eu de cesse d’alerter sur la trajectoire insoutenable de la dette et sur l’ajustement budgétaire.  ‘’La baisse de la notation du FMI, soutiennent-ils, risque d’affecter la confiance de beaucoup de ces prêteurs au régime de Macky Sall et d’augmenter le coût de la dette pour le Sénégal. Le risque d’une dette hors de contrôle était inscrit dans la boulimie excessive pour l’emprunt de Macky Sall et, surtout, l’usage contreproductif des ressources mobilisées’’. Loin de s’en réjouir, les amis de Thierno Alassane Sall fustigent une addiction du régime aux éléphants blancs qui ne génèrent ni emplois ni recettes nouvelles et qui sont à l’origine de tous ces maux dont souffre le Sénégal.

Aussi, déplorent-ils une approche injuste du FMI qui vise à faire supporter aux populations les manquements du régime. Selon leur analyse, l’institution, au lieu d’être sans concession sur la politique du régime, prend plutôt des mesures qui vont impacter la vie des Sénégalais. Le FMI exige, d’après la note, que le gouvernement de Macky Sall collecte 396 milliards de F CFA de plus de taxe sur les biens de consommation, entre 2019 et 2020 (soit une hausse de 39 %) et d’augmenter les droits de douane de 147 milliards de F CFA durant la même période (soit une hausse de 50 %). ‘’Cette approche, déplorent-ils, ignore le fond du problème qui est la gouvernance sombre et inefficace du régime de Macky Sall. Elle contribuera à étouffer les entreprises et les ménages sénégalais, et à enfoncer notre pays dans la pauvreté et la dépendance’’.

Désormais, selon leur constat, le FMI a abandonné le langage diplomatique. Pour eux, le spectre des temps de cures drastiques pointe sur le Sénégal. ‘’Face à cette dette insoutenable dont la cause profonde consiste en des investissements non prioritaires et non productifs, le FMI exige au président Macky Sall une marche forcée vers l’ajustement budgétaire’’, soutient la cellule Economie de la République des valeurs. Toutefois, ils regrettent une incohérence de la part de l’institution de Bretton Woods, en ce qui concerne le montant requis pour la cohérence du cadre macroéconomique (9 338 milliards de F CFA) et la marge de manœuvre accordée au gouvernement de Macky Sall (9 563 milliards de F CFA).