NETTALI.COM  – L’arrêté qui porte son nom et qui interdit les manifestations au centre-ville revient régulièrement au coeur du débat politique. Dans un entretien avec Itv, l’ancien ministre de l’Intérieur, Ousmane Ngom, a défendu la pertinence de cette interdiction.

Que ceux qui demandent son abrogation se le tiennent pour dit. L’arrêté Ousmane Ngom interdisant toute manifestation au centre-ville ne manque de pertinence. Et c’est l’ancien ministre de l’Intérieur, lui-même, qui le dit. Dans un entretien avec Itv, Ousmane Ngom a défendu son arrêté.

“Je pense que cet arrêté permet de protéger le coeur de l’État, d’abord toutes les institutions qui sont au centre-ville”, commence par dire Ousmane Ngom. Qui cite, entre autres institutions, la Présidence, l’Assemblée nationale, le Conseil économique… “Je parle aussi du cordon sanitaire avec tous les grands hopitaux qui sont au centre-ville, mais surtout le coeur économique et financier”, a poursuivi l’ancien ministre de l’Intérieur sous le régime de Wade. A l’en croire, douze établissements financiers dont les banques centrales sont au centre-ville. “Imaginez parce que simplement on veut laisser les gens exercer une liberté qu’il y ait un dérapage et que tout cela soit saccagé, c’est le pays en entier qui est paralysé, qui va subir un choc dont personne ne se relèvera”, met-il en garde. Avant d’ajouter : “C’est vous dire tout simplement qu’il faut tenir compte souvent des impératifs catégoriques, c’est-à-dire sécurité publique et libertés publiques.”

Mais, de l’avis d’Ousmane Ngom, il faut oser poser ce débat. “Je pense que le moment est venu d’en arriver dans notre pays à un débat national sur libertés publiques et sécurité publique, sur l’ordre public et les troubles à l’ordre public pour que tout le monde prenne conscience que la liberté ne peut pas aller sans la responsabilité”, dit-il.

Pour rappel, l’arrêté Ousmane Ngom avait été pris par l’ancien ministre de l’Intérieur au lendemain du manifestation du 23 juin 2011. Depuis, le sujet revient régulièrement dans le débat public. En fin novembre 2019, Guy Marius Sagna et d’autres jeunes activistes avaient été arrêtés devant les grilles du palais pour avoir manifesté contre la hausse du prix de l’électricité. Et de plus en plus de voix se font entendre pour réclamer l’abrogation de cet arrêté.