NETTALI.COM – Nous reproduisons ci-dessous l’allocution de Mohammad Reza Dehshiri, ambassadeur de la République d’Iran au Sénégal, à l’occasion du 41e anniversaire de la Révolution islamique.  

Honorable Secrétaire d’Etat auprès du Ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, Chargé du réseau ferroviaire, Monsieur Mayacine Camara,
– Honorables Ambassadeurs – Représentants distingués des missions diplomatiques
Chers Cheikhs et Imams des congrégations – Chers compatriotes – Chers invités – Mesdames et Messieurs
Soyez les bienvenus!
Aujourd’hui est le 41ème anniversaire de la Révolution Islamique en Iran qui s’est coïncidé avec le quarantième jour du martyre du Général Soleimani, le chef de la lutte contre le terrorisme, partisan de la résistance contre l’arrogance mondiale, qui a été martyrisé par les forces américaines. Pour rendre hommage à ce grand personnage, je vous demande d’accorder une minute de silence.

Chers invités
Nous sommes heureux de célébrer le quarante et unième anniversaire de victoire de la Révolution islamique d’Iran avec vous au Sénégal. Une Révolution qui a déclenché une énorme évolution en Iran, ayant engendré l’épanouissement de la créativité et des talents de la jeunesse iranienne. Cet exemple de la démocratie au Moyen-Orient, verra dans les prochains jours, des élections législatives indiquant le renouvellement des élites iraniennes.
A vrai dire, nous avons eu en moyenne une élection par an en Iran au cours des 41 dernières années.
Mesdames et messieurs
La politique étrangère de la République islamique d’Iran au cours des quatre dernières décennies est basée sur le soutien à la cause palestinienne, le maintien de l’indépendance, le droit à l’autodétermination et le rejet du systeme de domination des plus puissants.
Aujourd’hui, avec le deal du siècle qui néglige totalement les droits des Palestiniens, la nature de l’unilatéralisme américain qui ne tient pas ses engagements et néglige le multilatéralisme est devenue claire, plus que jamais, pour tous.
Je suis convaincu que ce deal sera voué à l’échec grâce à la résistance du peuple Palestinien, à la solidarité du monde Islamique et au soutien des pays amis de la Palestine.

Nous avons un engagement constructif et multilatéral envers le monde, les pays de la région et nos voisins, fondé pleinement sur les principes d’égalité et du respect mutuel. L’Iran a toujours exprimé sa disposition à coopérer avec les pays du Golf Persique à tous les niveaux pour restaurer la paix, la stabilité et la sécurité.
Dans cette perspective, Monsieur le Président Rouhani a présenté son plan de paix intitulé HOPE ou le plan de paix d’Hormoz afin de rétablir la sécurité collective dans la région sans l’ingérence des puissances extrarégionales. Ce plan fournira un cadre approprié pour la coopération régionale multilatérale afin de consolider la paix et la stabilité et souligne la volonté de la République islamique d’Iran de trouver des mécanismes pour assurer la sécurité sur la base du dialogue.

Chers Invités, l’Iran a toujours démontré son engagement pour le multilatéralisme et son attachement aux normes et réglementations internationales, y compris la résolution 2231 du Conseil de sécurité sur l’accord nucléaire et la coopération constructive avec l’Agence Internationale de l’Energie Atomique.

En ce qui concerne l’accord nucléaire iranien avec 5+1 puis 4+1, nous avons démontré notre bonne volonté de négociations intenses avec les grandes puissances ainsi que la coopération la plus transparente avec l’AIEA.
De nombreux rapports de cette Agence ont souligné le caractère pacifique des activités nucléaires de l’Iran.
Mais la sortie de Donald Trump de l’accord nucléaire a mis en évidence que les dirigeants américains actuels ne respectent pas les normes, les conventions et les résolutions internationales.
Au contraire, ils exercent des pressions et sanctions sur divers pays pour les faire aligner sur la voie de l’unilatéralisme américain. Dans cette circonstance, sous la supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique, l’Iran a entrepris des mesures appropriées pour établir de l’équilibre entre ses droits et ses engagements. Cela ne signifie pas que l’Iran se retirera de l’accord, mais plutôt un effort responsable pour l’orienter sur la voie de l’engagement mutuel.
En d’autres termes, si d’autres parties de l’accord nucléaire respectent leurs obligations, l’Iran tiendra ses engagements antérieurs.

Chers invités, malgré toutes les sanctions unilatérales durant ces dernières années, l’économie iranienne reste constante et positive. Le développement scientifique, économique et industriel de l’Iran, place notre pays dans le classement mondial des pays émergents. Avec cette croissance économique, l’Iran est au premier rang régional, en termes de développement dont la santé publique et l’augmentation de la productivité industrielle, mais aussi le dynamisme de sa jeunesse créative.
Egalement, l’Iran a accompli des progrès énormes dans le domaine de la défense et de l’industrie aérospatiale afin de maintenir ses capacités de défense conventionnelle et sa puissance dissuasive face aux menaces extérieures.
L’exemple du drone américain, ayant violé l’espace aérienne de l’Iran, abattu en juin 2019 par le corps des gardiens de la révolution en est une parfaite illustration.
En sciences spatiales, l’Iran figure parmi les 11 pays qui disposent de la technologie de lancement de satellites vers l’espace et parmi les 6 pays qui ont réussi à envoyer des êtres vivants en espace.

Aujourd’hui, nous avons non seulement fait des progrès significatifs dans le secteur de la technologie nucléaire, à tel point que l’Iran représente l’un des 11 pays du monde à bénéficier du cycle complet du combustible nucléaire afin de subvenir à ses besoins dans les domaines agricoles, médicales et industrielles, mais également les réussites obtenues dans les sciences du jour, dont la multiplication des cellules souches, la simulation génétique, l’aérospatiale, les médicaments
radio-pharmaceutiques, l’intelligence artificielle, et les cyber-industries figurent parmi les acquis de l’Iran.

Aujourd’hui, grâce à la confiance en soi, l’Iran a atteint la première place de la science et de la technologie dans la région et la 16ème place mondiale, en termes de réalisations en économie fondée sur la connaissance, en mettant l’accent sur les mouvements de logiciels et les productions scientifiques, ainsi que sur l’acquisition de connaissances avancées et la capacité de producteur en sciences et technologies.
Cela est dû au fait que l’éducation de qualité est accessible à tous avec une majorité de femmes dans le circuit scolaire.
Près de 1000 universités iraniennes accueillent plus de 5 millions étudiants dont 51 % sont des filles.
Il existe actuellement 39 parcs scientifiques et technologiques dans le pays. Le nombre des entreprises fondées sur la connaissance, ayant atteint plus de trois mille, a fourni plus de 90.000 postes et a apporté un revenu de plus d’un milliard de dollars à l’économie iranienne.

Dans le secteur industriel, nous nous sommes classés 16ème dans la production de voitures. Dans le domaine de la technologie virtuelle, l’Iran compte 56 millions d’utilisateurs d’Internet, ce qui lui confère un rang de 17ème dans le monde.
L’Iran est l’un des six pays principaux dans le domaine des cellules souches et il occupe la deuxième place dans le domaine de recherche à cet égard.
Quant à la Biotechnologie, l’Iran occupe la 13èmeposition dans le monde et la 6ème dans la région du Moyen Orient.
L’Iran représente le premier pays produisant des plantes médicinales pour le traitement du SIDA, le deuxième pays dans la production de nano-médicaments et la fabrication de prothèses neurales.
L’Iran occupe troisième place dans l’industrie des barrages et quatrième place dans la production des sciences de traitement de l’infertilité.
L’Iran est, aujourd’hui, en mesure d’exporter ses expériences et son savoir-faire dans le domaine de l’ingénierie, mais aussi dans le domaine de l’industrie de l’acier et de l’automobile, de la construction des centrales et des barrages hydrauliques, sans oublier la production des médicaments et la nanotechnologie, dont l’Iran conserve la sixième place. L’Iran n’envisage jamais de monopoliser ses réalisations mais souhaite partager ses connaissances avec les pays en voie de développement. Ainsi, le développement des relations Sud-Sud, notamment pour le transfert de la technologie vers les pays africains, est l’un des principes primordiaux de la politique étrangère de l’Iran.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
A propos des relations bilatérales de la République islamique d’Iran et de la République du Sénégal je dois attirer votre attention au fait que le Sénégal a été le premier pays africain avec lequel l’Iran a entretenu des relations diplomatiques il y a 49 ans.
A vrai dire, Il existe des intérêts et des antécédents communs entre la culture islamique des deux pays, et la République islamique d’Iran a toujours cherché à approfondir et à renforcer les relations bilatérales avec le Sénégal à tous les niveaux. Le Sénégal est le seul pays africain qui accueille l’industrie d’automobile iranienne. Avec son rôle positif dans la création d’emplois et le plan de développement de Sénégal (PSE), Seniran Auto a produit 2400 taxis et voitures hybrides, y compris les voitures de police ainsi que les voitures de l’aéroport de Blaise Diagne et a adopté une approche constructive dans le transfert des technologies de fabrication d’automobile et la formation des entraîneurs techniques et des techniciens professionnels.
Dans le domaine universitaire, Je dois vous dire que le Sénégal est le seul pays africain à avoir accueilli le Département de langue et littérature persanes. Il y a des mots communs dans les langues Persan et wolof tels que man (moi), Aseman (Ciel), Dow ou Daw(courir) et Soboh (Matin), ce qui signifie le point commun linguistique et culturel entre les deux pays. Pour décrire l’importance du Persan, je dois attirer votre attention au fait que même Donald Trump est également intéressé à écrire ses tweets en langue persane!
De même, les activités scientifiques de l’Université Al- Mustafa de Dakar, crée en 2002 dont le nombre des étudiants diplômés ayant atteint 500, sont considérables pour tisser les liens culturel et amical entre les deux pays. Je dois ajouter que sur la base de demande du Président Macky Sall la formation technique et professionnelle est devenue l’une des priorités principales de l’université al-Mustafa, de telle sorte qu’on vient d’ajouter et d’intégrer les sciences d’informatique à son programme académique pour le transfert de connaissances et de savoir-faire Iraniens aux étudiants Sénégalais.
Les relations entre la République islamique d’Iran et la République du Sénégal sont actuellement en bon état. La visite du Président de l’Assemblé National du Sénégal à Téhéran en janvier 2017, la visite du Dr. Zarif le ministre Iranien des affaires étrangères au Sénégal en avril 2018 et juillet 2019 visaient à développer les relations bilatérales, notamment dans le domaine économique. J’espère que les relations seront fructueuses davantage dans un avenir proche.
Vive la République Islamique d’Iran
Vive la République du Sénégal
Merci de votre attention