NETTALI.COM – Interpellé sur les rapports des organes de contrôle qui ne sont jamais suivis de sanctions, le Président Macky Sall a profité de l’occasion pour défendre Cheikh Oumar Hann et minimiser le rapport de l’Ofnac sur la gestion de l’ancien directeur général du Coud. Seulement, le chef de l’Etat n’a pas tout dit sur les accusations contre son actuel ministre de l’Enseignement supérieur.

Le dossier Cheikh Oumar Hann s’est invité au «grand entretien» du 31 décembre entre le président de la République et la presse nationale. Interpellé sur les rapports des organes de contrôle qui dorment dans les tiroirs, le chef de l’Etat lance : «En matière de bonne gouvernance, beaucoup d’efforts ont été faits. On a mis en place l’Ofnac qui jouit d’une totale liberté dans son travail, sans aucune influence du pouvoir exécutif. On ne doit pas mêler les corps de contrôle à la politique. Ceux qui sont dans ces corps ont été bien formés et ne sont pas des politiciens. L’opposition doit éviter de politiser le travail de ces corps de contrôle

Et c’est pour mieux descendre l’organe dirigé par la magistrate Seynabou Ndiaye Diakhaté puisqu’il ajoute : «L’Ofnac s’occupe de la corruption. Vous avez parlé du cas Cheikh Oumar Hann, quand il était à la direction du Coud. Pour vous démontrer que l’Ofnac est indépendant, c’est à travers la presse que j’ai appris cette affaire. C’est au procureur qu’on a transmis le rapport. C’est dire que les corps de contrôle marchent en toute indépendance

Non sans souligner : «Ce n’est pas parce que l’Ofnac a cité quelqu’un que ce dernier est coupable. Il y a ce qu’on appelle le principe du contradictoire qui consiste à recueillir la version de la personne incriminée. Mais vous ne pouvez pas vous lever un jour pour dire que tel a fait des malversations ou a donné des subventions. Ce n’est pas le rôle de l’Ofnac

Autrement dit, pour le chef de l’Etat, Cheikh Oumar Hann est (presque) une victime à qui on n’a pas donné l’occasion de livrer sa version des faits. Pourtant, l’Ofnac a bel et bien «recueilli la version de la personne incriminée», c’est-à-dire l’ancien directeur général du Coud.

Déjà, en juin dernier, la Directrice de l’Ofnac, Seynabou Ndiaye Diakhaté avait fait une sortie pour clore ce débat. Elle soutenait que sa structure a fait son travail dans le respect des règles et principes qui gouvernent toute enquête. Autrement dit,  la version de toutes les personnes incriminées avait été recueillie.

Elle ajoutait : «Le dossier du Coud a été transmis au procureur depuis 4 ans. J’ai beaucoup de respect pour mon collègue le procureur de la République, mais ça m’étonnerait qu’il puisse nous retourner nos dossiers d’enquête. La procédure pénale en cours à l’OFNAC n’est pas celle qui est prévue dans le code procédure pénale. L’OFNAC ne travaille ni sur l’autorité, ni sur la direction du procureur de la République. Ce sont les officiers de police judiciaire et les agents de police judiciaire qui travaillent sous son autorité. Le Procureur dit lui-même dit avoir reçu 19 rapports de l’OFNAC. Et aucun dossier n’a été exploité. Je l’invite plutôt à exploiter les dossiers reçus de l’OFNAC pour prendre une décision», avait soutenu la présidente de l’OFNAC.

En outre, a soutenu le chef de l’Etat, «on dit que quand je suis parti à l’Université, le directeur du Coud a donné une subvention de 80 millions, ce n’est pas l’affaire de l’Ofnac, mais celle du Conseil d’administration».

Et pourtant, cette affaire de subvention n’est qu’une infime partie des griefs que l’Ofnac porte à Cheikh Oumar Hann. En effet, les contrôleurs de l’Ofnac ont découvert au Coud des cas de dépenses jamais justifiées. «Il y a des sommes dégagées sous forme de subventions alors qu’il a été incapable de dire qui en sont les bénéficiaires», relève une source. Qui ajoute : «Justement, à propos de la visite dont parle le chef de l’Etat, le Coud a dépensé des millions pour habiller une centaine de filles et garçons. Pourtant, il n’y avait nulle trace de ces personnes en question.» C’est dire que la gestion du Coud sous Cheikh Oumar Hann est loin d’avoir révélé tous ses secrets.