NETTALI.COM – Florence Parly, minisFancees armés. « Les armées françaises ont réalisé avec succès les tirs d’expérimentation depuis la base aérienne de Niamey au Niger, dans le cadre de l’opération Barkhane », déclare la ministre, qui avait annoncé son choix pour l’armement des drones dès 2017.

Entre-temps, il a fallu obtenir le feu vert américain pour armer les drones Reaper fabriqués par l’Américain General Atomics et fournis par les Américains à l’armée française pour l’aider sur l’immense théâtre d’opérations du Sahel. Opéré par l’Armée de l’air, ces drones dit « MALE », c’est-à-dire de moyenne altitude et de longue endurance, permettent de surveiller de vastes étendues désertiques. A partir d’aujourd’hui, ils pourront aussi être mobilisés pour le combat. Chaque appareil pourra emporter quatre bombes guidées laser de 250 kg, les GBU-12 qui équipent aussi les avions de chasse.

Six drones Reaper à livrer

Actuellement la France détient deux systèmes Reaper, un système étant constitué d’un commandement au sol relié à trois drones, et deux autres ont été commandés. Depuis 2016, un système est en permanence déployé au Sahel depuis 2016. Ce qui reste largement insuffisant, les armées attendant avec impatience la livraison des Reaper de nouvelle génération, les « Block 5 », qui pourront outre des bombes être équipés fin 2020 de missiles air-sol Hellfire. Missile antichar à guidage laser ou radar, le missile Hellfire de Lockheed Martin équipe déjà la totalité des drones de l’armée américaine.

« Les drones armés déployés au Sahel amélioreront considérablement la sécurité de nos militaires sur place et renforceront nos moyens face à un ennemi toujours plus fugace », a insisté la ministre, quelques jours après l’hommage rendu aux 13 soldats décédés dans des accidents d’hélicoptères au Mali.

« En plus de la pression permanente exercée sur l’ennemi, les drones armés présentent plusieurs avantages, notamment leur discrétion, leur endurance et la capacité offerte à nos forces de réagir et décider avec plus de rapidité et d’efficacité », ajoute Florence Parly ; qui souligne que les règles d’engagement des drones armés seront les mêmes que celles des avions de chasse.

Un débat éthique dépassé

La ministre avait promis il y a deux ans d’armer les drones, un choix clair après les hésitations du gouvernement précédent de François Hollande, qui n’osait pas autoriser l’armement de ces aéronefs sans pilote. En deux ans, l’usage des drones tant de reconnaissance que de destruction s’est tellement développé que le débat éthique sur les exécutions extraterritoriales menées par des drones armés semble déjà dépassé. Aucun théâtre d’opérations ne se passe plus de drones, les groupes armés non étatiques comme les Houthis au Yémen étant les premiers à les utiliser. La Libye, l’Arabie Saoudite, l’Iran ont chacun abattu quantité de drones, souvent qualifiés de « missiles » du pauvre.

A Paris, en réaction à d’éventuelle critique sur l’utilisation de ces armes autonomes, le ministère rappelle que l’homme reste au centre et que la décision de tir d’un drone armé respectera les mêmes règles d’engagement qu’un tir d’hélicoptère et d’avion. A la différence des Américains, l’armée française a d’ailleurs choisi de placer les pilotes de drones au sein des forces sur les théâtres d’opérations, et non dans un bureau déconnecté du terrain dans l’hexagone.