NETTALI.COM – Dans un entretien-vérité avec l’EnQuête, Souleymane Téliko a été interrogé sur le surpeuplement des prisons. Le président de l’Union des magistrats sénégalais, après diagnostic, n’a pas manqué de proposer des solutions.

Le président de l’Union des magistrats sénégalais commence par faire remarquer « que nous avons, au Sénégal, un dispositif légal qui permet aux juridictions de recourir à des peines alternatives à l’incarcération ». « Je pense, par exemple, à la probation, à la mesure de semi-liberté, au travail au bénéfice de la société. En outre, la loi a prévu des organes chargés de prendre des mesures dites post-sentencielles, c’est-à-dire après le prononcé des peines. Il s’agit, notamment, du juge d’application des peines et du comité d’aménagement des peines. Mais le constat unanimement fait, c’est que ces mesures sont rarement prononcées. Pour y voir plus clair, l’Ums a décidé de réunir l’ensemble des acteurs, à savoir avocats, membres de l’Administration pénitentiaire, collectivités territoriales pour réfléchir sur les voies et moyens pouvant permettre de parvenir à une mise en œuvre optimale de ce dispositif en vigueur, en vue de contribuer à l’amélioration de la situation qui prévaut dans nos prisons », explique-t-il, dans une interview réalisée samedi passé, à l’issue du séminaire des magistrats sénégalais.

Au titre des recommandations, l’Ums préconise qu’on rende plus opérationnels les organes d’aménagement des peines. Dans ce cadre, il a été proposé : « la création de chambres d’aménagement des peines au sein des Tgi, avec possibilité d’appel devant une chambre qui va remplacer le comité d’aménagement des peines ; de décharger les juges d’application des peines des autres tâches juridictionnelles ».

« D’autres recommandations visent à faciliter la mise en œuvre des peines alternatives à l’incarcération. Il s’agit de l’adoption d’une circulaire relative aux modalités de mise en œuvre de la loi, de la mise sur pied d’un partenariat entre les juridictions, les associations et les collectivités territoriales, en vue d’un échange d’informations sur les possibilités de prise en charge des détenus, de dérouler une stratégie de vulgarisation du dispositif relatif aux modes d’aménagement des peines et aux peines alternatives à l’incarcération », a renchéri Téliko .