NETTALI.COM – Wade surprend encore son monde en acceptant de se réconcilier avec Madické Niang. Oumar Sarr qui est exclu parallèlement, risque d’être le dindon de la farce. Il a toujours été accusé d’être derrière le départ de l’ancien ministre des Affaires étrangères.  

« Madické connaît bien les statuts du parti et le règlement intérieur du Pds. En posant publiquement sa candidature à l’élection présidentielle alors que le Pds avait déjà choisi son candidat, il sait qu’il se met ipso-facto en dehors du Pds. Ce sont les règles que nous avons librement acceptées en adhérant au Pds». Ces propos, tenus en octobre 2018, sont du désormais ex-coordonnateur du Parti démocratique sénégalais.

Les proches de Madické Niang, dénonçant des manœuvres trotskystes, ont toujours vu la main de l’ancien militant communiste derrière leur exclusion du parti sopiste. C’est dire que dans la perspective de la réconciliation entre Me Wade et l’avocat, ce dernier prend sa revanche sur l’ancien coordonnateur, qui se voit ainsi rattrapé par l’Histoire.

Nous devons à la vérité de rappeler que les déboires de Madické Niang ont commencé le jour où l’ancien chef d’Etat l’intronisa numéro 2 du Pds, en marge de l’édition 2017 du Grand Magal de Touba, lors d’une audience que le khalife général des Mourides avait réservée à la délégation libérale. Oumar Sarr, qui était le coordonnateur du parti, donc de fait le n°2, était présenté par Me Abdoulaye Wade comme arrivant derrière le président du groupe parlementaire Liberté et Démocratie. «Madické Niang joue le rôle de chambellan», minimisait Babacar Gaye, au lendemain de cette intronisation. Se voulant plus précis, l’ex-directeur de cabinet du président Wade souligne, dans les colonnes de L‘Observateur : « Dans le contexte de Touba, c’est toujours Madické Niang qui vient après le Président Wade. À Touba, Madické Niang est le bras droit du Président Wade. Il a voulu faire comprendre et réaffirmer la confiance qu’il a à l’égard de Madické Niang pour tout ce qui touche la communauté mouride. Ce que, du reste, les marabouts savent…au moment où je vous parle, Oumar Sarr est le secrétaire général adjoint du Pds, coordonnateur du parti, donc numéro 2 du Pds. Il n’y a pas d’amalgame possible.»

Il coule de source que la rébellion amenée par Madické Niang qui voulut profiter de cette posture pour être le candidat de substitution du parti à la présidentielle de 2019, devant l’imminence de l’empêchement de Karim Wade, ouvrira une brèche à la bande à Oumar Sarr soucieuse de l’écarter définitivement.

Dans les colonnes du quotidien Source A le 13 mars dernier, Oumar Sarr tournait définitivement la page Madické Niang. « Madické relève du passé, donc ce n’est pas utile d’en parler. Pour moi, désormais, sur le plan politique, Madické Niang c’est de l’histoire ancienne », déclarait l’ancien ministre de l’Urbanisme.  « La plupart de ces personnes sont parties avant les législatives, mais cela ne nous pas empêché d’avoir des résultats corrects. Ça n’a pas affaibli du tout le parti. Je pense que chacun peut suivre son chemin, mais le Pds est debout et n’a pas perdu ses forces importantes », enfonçait-il un clou, dans le cercueil de l’ex-ministre des Affaires étrangères.

L’on se demande en définitive si Oumar Sarr ne devrait pas s’appliquer sa propre leçon puisqu’on ne voit pas comment il pourrait peser politiquement, loin du pape du Sopi, dont l’audience lui avait garanti une influence que ne saurait lui accorder sa popularité dans les limites de la ville de Dagana ? Une question d’autant plus légitime que Me El Hadj Sall qui fut son connivent dans cette aventure, s’est enfermé dans un mutisme depuis quelque temps. L’ancien porte-parole de Me Abdoulaye Wade conspire-t-il pour retourner au bercail ? Pourquoi Oumar Sar est-il le seul frondeur à payer ?

Toutes questions qui nous amènent à penser que celui qui fut coordonnateur du Parti démocratique sénégalais risque de connaitre le même sort que d’autres numéros de Wade, qui ont sombré après avoir défié l’autorité du chef, de Serigne Diop à Pape Diop, en passant par M Ousmane Ngom. A cet égard, seuls Idrissa Seck et Macky Sall, après avoir quitté le Pds, ont réussi à survivre politiquement.