NETTALI. COM- Au Sénégal,  21,5 % des jeunes filles donnent naissance avant l’âge de 18 ans.  C’est ce que  relève une étude du programme Show qui chiffre à 12%, le taux de pourcentage de mariage précoce chez les filles âgées de 15 ans et 33 % chez les âgées de 18 ans.
Cette étude a été réalisée dans 9 districts sanitaires et 201 postes de santé, dans 7 régions du Sénégal. Il s’agit de Dakar, Louga, Kaolack, Sédhiou Ziguinchor, Tambacounda et Kédougou.
Lors de la cérémonie de partage des résultats à Pikine, ce mercredi 29 septembre 2019,  Claire Ndione Tamba a expliqué les conséquences du mariage précoce sur les jeunes filles.  “Les filles, une fois mariées, sont sujettes à de fortes pressions de la part de la belle-mère pour avoir des enfants. Au niveau national, 21,5 % des filles donnent naissance avant l’âge de 18 ans. Plusieurs des régions ciblées ont des taux beaucoup plus élevés : 36 % à Sédhiou, 45 % à Tambacounda et 59% à Kédougou. Aucune grosse n’a été recensée dans les zones, depuis le début de ce projet’’, a fait savoir la chargée du projet.
Selon Mme Tamba, certaines traditions “néfastes’’ comme les mutilations génitales féminines, les mariages d’enfants, les grossesses précoces, ainsi que l’analphabétisme très répandu, l’accès limité des femmes aux ressources financières et aux opportunités d’affaires, etc., ont pour conséquences de renforcer leur dépendance financière vis-à-vis des hommes et l’accroissement de leur niveau de pauvreté.
En outre, l’étude a montré que le manque de participation des hommes dans la gestion de la famille, l’influence familiale et le manque de pouvoir décisionnel des femmes et des adolescentes constituent des barrières majeures pour l’accès aux services.
L’étude a aussi montré que le manque de services de santé adaptés, y compris les attitudes inappropriées de la part du personnel de santé, la pénurie de médicaments essentiels limitent l’utilisation efficace des services de santé.
S’y ajoute l’exclusion des hommes due à la perception en tant que préoccupation exclusivement féminine qui constitue un réel frein dans la demande de services de santé.
“Le résultat ultime du projet Show consiste à contribuer à la réduction de la mortalité maternelle et infantile dans les régions ciblées parmi les populations de femmes marginalisées et vulnérables, particulièrement les adolescentes et leurs enfants”, a expliqué Claire Ndione Tamba, à EnQuête.