NETTALI.COM – Debout au cœur de Dakar, la grande mosquée Massalikoul Jinaan est un véritable bijou architectural. Un édifice islamique aux concepts esthétiques qui renvoient au décor intérieur d’Al-Masjid Al-Nabawi, la Mosquée du Prophète Mohammad (Psl), à Médine, en Arabie Saoudite. Visite guidée !

C’est une merveille à l’architecture ultra moderne. Au cœur mouride et aux ors brillants comme l’astre. Dans sa couleur grise brodée de fresques or, rose et beige, l’édifice religieux, l’un des plus grands en Afrique de l’ouest, tend ses bras affinés aux hôtes. Astiquée, polie, lustrée, Massalikoul Jinaan subit les derniers coups de lifting avant le jour-J du 27. Ce grand jour que ses promis piaffent d’impatience de voir arriver. Parée de ses plus atours, sa coiffe ornée de lustres pendant en entonnoir, reçoit les dernières touches pour sa grande rentrée. Sa robe pailletée de marbre gris-cendre, reçoit les premiers coups de balai, en attendant le passage de la serpillière, tandis que des ouvriers posent les derniers carreaux. Au cœur du quartier Colobane, la plus belle mosquée de l’Afrique de l’Ouest se dresse. Somptueuse, imposante, époustouflante et belle à couper le souffle. Posée sur ses 65 000 m2 carrée de terre, la mosquée Massalikoul Jinaan ou le «chemin du paradis» est un joyau déposé dans un écrin de modernité. Au populeux quartier Colobane, impossible pour ce colosse de marbre de se soustraire au regard des citadins. Derrière le siège de la Maison du parti socialiste, ses cinq gigantesques minarets, dont le plus haut atteint 78m, contre 50 pour les 4 autres, assurent la garde. Lovée entre le siège de l’Omvs, une station-service et de petits commerces, Massalikoul Jinaan se découvre. Imprenable et intimidante. Sur place, une énorme tente en prélude à l’inauguration est en train d’être dressée. Des hommes et femmes, balais en main, reconnaissables à leurs tenues bleues, se chargent du nettoyage. Il faut escalader trois marches pour accéder au bâtiment principal scellé ce jour par une énorme porte en fer forgé en bronze.

Plus grande que celle de Touba à ses origines

L’horloge principale du grand minaret affiche 15 heures. Deux hommes flirtent les entrées et les sorties des fidèles et des délégations qui se bousculent à la porte. Venus de divers horizons, ils sont là, par grappes. Mus par la curiosité ou juste pour rencontrer le représentant du Khalife général des Mourides, Mbackiyou Faye, présent aujourd’hui sur les lieux. Puis, la porte franchie, on atterrit sur un vaste vestibule tendu de marbre gris du sol au plafond, décoré au plâtre avec soin. Sur le fronton, une enseigne lumineuse aux arabesques arabes magnifiant la grandeur du Créateur (Alahou Akbar : Dieu est grand)» est placardée au mur. L’endroit débouche sur plusieurs couloirs. L’un mène à l’étage, l’autre à la grande mosquée et enfin, un troisième conduit à la salle Vip et aux autres salons. Une fois la mosquée de 3900 m2 franchie, on débouche sur le versant droit, au bureau de l’imam accolé à une mosquée érigée pour les 5 prières quotidiennes.

«Une fois inaugurée, la grande mosquée n’abritera que la grande prière du vendredi et les prières de l’Eid. Toutes les autres prières quotidiennes se feront dans cette mosquée de 300m2 qui jouxte le bureau de l’imam. La grande mosquée peut accueillir jusqu’à 8 000 personnes», souffle Taïba Ndiaye, notre guide du jour. En face du bureau de l’imam se trouve la salle technique. A partir de laquelle sont gérées toutes les lumières de la grande mosquée. Juste au fond, est niché la mosquée des femmes, tendue sur une distance de 300m2. A l’avant, celle des hommes trône, coquette. Les deux mosquées occupent une superficie de 300m2 chacune, capable d’accueillir 500 personnes. La visite se poursuit. Sur le versant gauche, deux autres salles, répliques exactes de celles de droite, constituent également des mosquées. L’arrière-cour donne sur l’esplanade de la grande mosquée. Ici, des ouvriers s’attèlent à mettre sur pied le bloc sanitaire, tandis que d’autres apportent la dernière touche à l’Institut islamique de recherches Cheikh Ahmadou Bamba, dont la première phase est achevée. A côté, une salle de conférence de 2 500 à 3 000 places sort de terre. Dans son caftan noir, Taïba Ndiaye n’a pas une minute de répit. Dans sa main droite, son téléphone ne cesse de grésiller. Il donne des instructions par ci, coordonne des activités par là et veille à tout ce que soit fin prêt pour le 27 septembre prochain. Le bras droit de Serigne Abdou Khadre Fall, représentant permanent de Mbackiyou Faye, renseigne : «On accède à la grande mosquée de Massalikoul Djinane par l’ouest. Cinq portes ont été réalisées à cet effet, plus deux autres portes équipées de rampes pour les personnes à mobilité réduite. Cette mosquée est plus grande que celle de Touba à ses origines. Elle est la plus belle de l’Afrique de l’Ouest. Au total, il y a près de 14 bâtiments dans l’enceinte. Outre la mosquée Massalikoul Djinane, le projet a d’autres composantes comme l’Institut islamique de recherche avec une dimension internationale. Il va regrouper des salles de conférence, des amphithéâtres, une grande salle de 3 500 places, une bibliothèque. Les chercheurs pourront y trouver des ouvrages sur les enseignements du Prophète Mohamed (Psl).»

A l’étage, un long corridor, sorte de mezzanine, est réservé à la prière pour les femmes. Cependant, en ce jour de mercredi, impossible de les escalader. Les ouvriers sont à pied d’œuvre pour réaliser le carrelage. Le versant gauche de la mosquée loge également une salle de régie. Là, les techniciens chargés de la sonorisation sont à pied d’œuvre. Deux grandes salles dénommées «Daraay Kamil» ou bibliothèques, y sont également installées. Un travail de titan pour une merveille époustouflante réalisée pour le gros œuvre par la Cde (Consortium d’entreprise). Une entreprise marocaine s’est chargée de la décoration et les marbres qui tapissent la bâtisse de pied en cap proviennent directement de Carrare (ville située dans la province de Massa-Carrare en Toscane, située entre le nord et le centre d’Italie. «Ce sont les mêmes que l’on trouve à la Mecque», s’enorgueillit Taïba Ndiaye. Avec ses 14 bâtiments, 5 mosquées, 5 minarets tous dotés d’ascenseurs, ses parkings et ses salles annexes qui peuvent accueillir jusqu’à 400 personnes, Massalikoul Djinane a engrangé quelques 20 milliards de FCfa. Une belle fortune pour réaliser le chemin du paradis.

Source : L’Observateur-NDEYE FATOU SECK