NETTALI.COM- Même s’il considère BBC comme une vitrine en matière d’éthique et de déontologie et de journalisme, Ibrahima Sané trouve qu’il y a « beaucoup de manquements » dans l’enquête sur le pétrole et mettant en cause Aliou Sall et Brithish petrolium.

L’ancien directeur de Radio Sénégal internationale ( Rsi) n’est pas du même avis que ceux qui mettent en doute la crédibilité de la Bbc, suite à la polémique née du reportage sur l’affaire de corruption présumée sur le pétrole sénégalais et dont les montants sont estimés à 10 milliards de dollars. « La BBC c’est l’exemple du service public. C’est une institution crédible. Son seul patron, c’est le public. Le gouvernement ne peut pas lui donner d’instructions. Ce n’est pas une radio ou télévision publique. Même dans une situation de guerre, la BBC tient à sa liberté d’expression », soutient Ibrahima Sané qui s’exprimait à l’émission « Jury du dimanche » de iRadio, ce dimanche 9 juin.

L’ancien journaliste de la BBC donne toutefois raison à ceux parlent d’absence d’équilibre de l’enquête réalisée par Mayena Jones. En fait, Ibrahima Sané trouve qu’il y a « beaucoup de manquements dans la conception et la collecte de l’information. » D’après son analyse, « il n’y a pas d’antithèse dans la conception, en ce sens que le public doit être au courant que la journaliste a tenté de joindre Aliou Sall et Frank Timis. Nulle part elle n’a annoncé que ces derniers étaient injoignables.»

Le membre du Conseil national de régulation de l’audiovisuel ( Cnra) de poursuivre : « pendant un an, l’auguste Bbc n’a pas pu avoir de rendez-vous avec BP . J’ai du mal à la croire. Comme elle dit, la journaliste ne pouvait pas apostropher le directeur de Bp dans la rue pour l’interroger. Et s’il avait un rendez-vous important ? »

Pour ce qui concerne la collecte, le journaliste a relevé « un manque de distance de la journaliste vis-à-vis des faits. » « On a l’impression qu’elle est allée démontrer une chose dont elle était convaincue. Pour la crédibilité du reportage, c’est au public de tirer les conclusions et non la journaliste qui donne une position. On aurait pu savoir la vérité s’il y avait une confrontation des positions »

Au regard de « ces manquements », M. Sané soutient qu’à l’époque où il était à la BBC, Mayena Jones aurait été sanctionnée. Car dit-il, « il n’y a pas assez de précaution. Elle aurait pu faire mieux. Parmi les recommandations de la BBC, il faut trois sources pour recouper une information. »