CONTRIBUTION - J’ai essayé de me mettre à la place de son papa, je n’y arrive pas. A celle de sa maman, n’en parlons pas. Abattu, inconsolable, meurtri, les mots manquent pour mesurer les maux qui habitent ces parents. La douleur est incommensurable. L’effet dévastateur. La déception insondable. Psychologiquement, les deux parents méritent une prise en charge permanente pendant au moins deux ans.

Mais le présumé meurtrier de la fille n’a pas tué que Bineta Camara. Par son acte, il a tué l’enthousiasme, assassiné la confiance en politique
et installé la prudence. Le sieur a eu la foi à son jeune-à-tout-faire qui avait accès libre à son domicile. Et le voilà victime, dans sa chair, de la
confiance qu’il a accordée au “proche” qui voulait souiller sa fille qui a dignement résisté, jusqu’à la mort.

La conséquence est que désormais, il sera difficile pour un leader de faire confiance à un jeune assistant, surtout quand on a une fille
majeure à la maison. Et ils sont nombreux ces jeunes dits “proches de”. Au côté d’un Ministre, Directeur général, Maire, Député, etc…, ils
sont là, tous les jours, à la maison, au bureau, à l’aéroport, etc…à côté de leur mentor, à qui ils jurent loyauté.

Je vois l’avenir politique de certains jeunes hypothéqué. Les leaders vont forcément réviser leur entourage et être plus regardant sur
ces jeunes qui, pour la plupart, ne savent faire rien d’autre que la politique. Squatter les domiciles et bureaux de leur “leader” ou courir
derrière lui/elle dans tous ces déplacements dans le pays.

Au nom du Marketing politique, nous avons établi des habitudes non conformes à nos valeurs cultuelles. Au nom de la parité ou modernisme, nous avons opté pour la désertion de nos maisons à la recherche de l’argent. Parce que cette fille, à mon avis, ne devait pas retrouver seule à la maison, loin de papa et maman, à la merci de ce meurtrier. Papa à Dakar, maman en Chine, au même moment, le risque est grand.

Nos familles sont fragmentées et ramenées à la minuscule famille nucléaire, entassée dans un appartement ou villa fermée. Tout le monde
doit sortir de la maison et travailler au nom de l’autonomie et du développement. Les enfants sont confiés à n’importe qui ou laissés devant un écran de Tv. Ils zappent et regardent ce qu’ils veulent et on est surpris des dérives qui gangrènent notre société. Je ne prône pas l’immobilisme ou l’oisiveté mais il urge de réviser notre organisation socioculturelle, socio économique qui ressemble de plus en plus à celle occidentale.

Je ne plaide pas pour les hommes, mais je reste convaincu que pour quelqu’un qui travaille et qui a largement les moyens d’entretenir sa famille, l’épouse doit pouvoir s’occuper des enfants. Adosser notre modèle de société et de développement à nos valeurs culturelles et cultuelles. Tous les jours, nous constatons que le non-respect des instructions divines et les traditions prophétiques nous
causent des préjudices. On va même jusqu’à convoquer les préceptes de nos religions. J’en veux pour preuve, l’appel quasi général, d’appliquer la peine de mort aux tueurs.

Tant que ça ne nous touche pas directement, on est laxiste et on appelle à la tolérance. Aujourd’hui, les échecs de notre fameux “maslah”
doivent pouvoir nous guider vers des solutions, certes concertées, mais courageuses et tranchées pour servir de jurisprudence.

MAMADOU LAMINE BA
Consultant en Marketing
et Communication Politique
Responsable de l’APR dans
la Commune de Baghère
Email : ballamine@gmail.com