NETTALI.COM - Le Procureur général près la Cour suprême du Sénégal, Louis Paul Toupane, a exhorté les acteurs du système judiciaire à renforcer leur engagement pour préserver l’État de droit, dans un contexte qu’il juge marqué par des menaces croissantes.

S’exprimant à Dakar lors de la clôture d’une session de formation en droit international consacrée au thème « Justice et État de droit », le magistrat a invité les professionnels du secteur à s’interroger sur leur rôle. « Nous sommes appelés à jouer un rôle central pour préserver et consolider l’État de droit », a-t-il déclaré. Il a insisté sur la nécessité de traduire concrètement, dans la pratique judiciaire, les connaissances acquises en matière d’instruments juridiques internationaux.

Le Procureur général a également alerté sur ce qu’il qualifie d’« industrie du vide », amplifiée par les réseaux sociaux, qui tend selon lui à fragiliser les fondements juridiques et démocratiques. « Ces dynamiques tendent à déconstruire les principes et mécanismes de l’État de droit », a-t-il averti. Face à ces évolutions, il plaide pour une préservation de la justice et de l’Etat de droit.

La session, organisée avec l’appui de partenaires tels que la Fondation Friedrich Naumann et l’Institut international des droits de l’homme René Cassin, a permis de renforcer les capacités des acteurs judiciaires.

Ces formations visent notamment à mieux maîtriser les instruments juridiques internationaux et régionaux, comprendre les mécanismes de suivi de leur application et renforcer la coopération entre justice, université et société civile.

Pour Louis Paul Toupane, l’intérêt suscité par cette session, constitue un signal encourageant pour l’avenir. Il y voit une opportunité de consolider un dialogue durable entre les différents acteurs, au service de la promotion de l’État de droit au Sénégal.

Cette prise de position intervient dans un contexte où les questions de justice, d’indépendance judiciaire et de respect des principes démocratiques occupent une place centrale dans le débat public.

Elle rappelle que la consolidation de l’État de droit repose autant sur les textes que sur leur mise en œuvre effective par les acteurs judiciaires.