NETTALI.COM - À l’Institut national du pétrole et du gaz (INPG), on veut préparer les jeunes Sénégalais aux emplois de demain. Ce jeudi 21 mai, en recevant une délégation d’Eiffage et de la mairie de Hann Bel-Air, le directeur général de l’INPG, Dr Fall Mbaye, a livré un message clair : l’exploitation du pétrole et du gaz doit profiter aux Sénégalais, surtout aux jeunes en quête d’emploi. Et pour cela, il faudra former massivement dans des métiers encore peu connus du grand public.

Dans le bureau du directeur général de l’INPG, la discussion ne tournait pas seulement autour des hydrocarbures. Il était surtout question d’avenir, de formation et d’emplois pour les jeunes Sénégalais. Face à ses invités, Dr Fall Mbaye a insisté sur un point : le Sénégal entre dans une nouvelle phase de son histoire énergétique et les besoins en compétences vont exploser dans les années à venir. “Nous avons plus de 560 milliards de mètres cubes de gaz que nous devons exploiter”, a-t-il rappelé.

Pour lui, cette richesse ne doit pas seulement profiter aux multinationales ou aux experts étrangers. Les Sénégalais doivent eux aussi prendre leur place dans cette industrie naissante. Le patron de l’INPG estime d’ailleurs que la souveraineté énergétique tant évoquée par les autorités ne pourra devenir réalité sans entreprises locales fortes et sans jeunes qualifiés capables d’occuper les postes techniques et industriels. Et les besoins sont énormes. Très énormes même. “Nous avons recensé plus de 1000 métiers dans tout le secteur oil & gas”, a confié Dr Fall Mbaye. Des métiers qui ne concernent pas uniquement les plateformes pétrolières offshore, précise-t-il, mais aussi tout ce qui tourne autour du gaz, du transport, de la maintenance, de l’électricité, des réseaux industriels ou encore de la soudure.

À l’entendre, certains emplois existent déjà ailleurs mais restent encore peu développés au Sénégal. D’autres devront carrément être créés pour répondre aux futurs projets énergétiques du pays.

L’INPG travaille ainsi à mettre en place un certificat international de welding (soudure) afin de former des jeunes appelés à intervenir sur les futurs réseaux gaziers. Car pour Dr Mbaye, former sans débouchés n’a aucun sens. “On ne peut pas former des jeunes seulement et les regarder”, a-t-il lancé avec insistance.

Le directeur général de l’INPG est aussi revenu sur les grands projets qui devraient transformer le paysage énergétique sénégalais, notamment le projet gazier GTA et celui de Yakaar- Teranga découvert au large de Kayar.

Selon lui, la récente décision de l’État de faire de PETROSEN un opérateur à part entière change profondément les perspectives. “Avant, l’État faisait appel à des sociétés étrangères pour explorer ou exploiter. Maintenant, Petrosen peut aller en exploration. Ça change tout”, explique-t-il. Ce changement oblige désormais le pays à former ses propres ingénieurs, techniciens et spécialistes dans plusieurs domaines liés à l’exploration et à la production énergétique.

Pour mieux orienter les jeunes, l’INPG annonce également la mise en place prochaine d’une plateforme numérique regroupant les différents métiers du secteur. Au fond, derrière les chiffres et les projets énergétiques, Dr Fall Mbaye défend surtout une conviction : le pétrole et le gaz ne doivent pas être seulement une richesse souterraine, mais une opportunité concrète d’emploi et d’industrialisation pour le Sénégal.