NETTALI.COM - Invité de Sud FM, le journaliste et homme politique critique le système des parrainages et met en cause l’indépendance de la future Cour constitutionnelle.

Invité de l’émission « Objection » sur Sud FM, Mamoudou Ibra Kane a relancé le débat sur les réformes institutionnelles en cours, en révélant des confidences attribuées à feu Mamadou Badio Camara, ancien président du Conseil constitutionnel.

Selon l’auteur de « Troisième alternance au Sénégal : Mon double regard », le défunt magistrat reconnaissait lui-même les limites du système de parrainage des candidatures. D’après Mamoudou Ibra Kane, Badio Camara estimait que : « le système est imparfait » et plaidait pour une réforme visant à retirer au Conseil constitutionnel la tâche de vérification technique des parrainages.

Pour lui, cette mission, jugée « fastidieuse » et administrative, devait être confiée à une structure spécialisée, afin de permettre à l’institution de se concentrer sur ses missions fondamentales : le contrôle de constitutionnalité, la régulation des institutions et l’arbitrage des conflits de pouvoir.

Au-delà de ces révélations, Mamoudou Ibra Kane s’est montré critique envers le projet de réforme porté par le président Bassirou Diomaye Faye. Il estime que la future Cour constitutionnelle annoncée dans les avant-projets de loi n’apporte pas de rupture significative. « Une pâle copie » de l’institution actuelle, selon lui. Le principal point de friction soulevé concerne la désignation des membres de la future juridiction. D’après le dispositif proposé, le président de la République désignerait directement six des neuf membres, les trois autres seraient choisis à partir d’une liste proposée par le président de l’Assemblée nationale.

Pour Mamoudou Ibra Kane, cette architecture maintient une forte influence de l’Exécutif, susceptible de fragiliser l’indépendance de la juridiction.