NETTALI.COM - Accusé d’avoir tué son père en 2020, D. Sène a été acquitté par la justice en raison de son état mental, avec un internement psychiatrique ordonné.
La chambre criminelle du tribunal de grande instance de Mbour a prononcé l’acquittement de D. Sène, poursuivi pour le meurtre de son père survenu en novembre 2020 à Sandiara, dans la commune de Sindia-Godaguène. Une décision qui repose sur un élément clé : l’altération de son discernement au moment des faits, reconnue par la juridiction.
Selon les éléments du dossier, le jeune homme aurait porté un coup violent à la tête de son père avant de lui infliger des blessures mortelles avec une barre de fer.
Lors de l’enquête, il avait tenu des propos troublants, affirmant avoir agi sous l’emprise d’une conviction irrationnelle, évoquant notamment une menace sur son « âme ». Au cœur du procès : la responsabilité pénale de l’accusé. Si une expertise médicale avait initialement estimé qu’il était conscient de ses actes, la chambre criminelle a retenu, après débats, l’existence d’un état de démence au moment des faits.
En droit pénal, cette situation entraîne une irresponsabilité pénale, ce qui signifie que l’auteur ne peut être condamné, faute de discernement. Plutôt qu’une peine de prison, la juridiction a ordonné son internement à l’hôpital psychiatrique de Thiaroye. Cette mesure vise à assurer sa prise en charge médicale et protéger à la fois l’intéressé et la société.
À la barre, D. Sène a livré un discours confus, oscillant entre incompréhension et regrets. Il a notamment déclaré ne pas comprendre les raisons de son geste, tout en décrivant une relation très proche avec son père : « C’était mon ami », a-t-il affirmé.
Le parquet avait requis une peine de 10 ans de réclusion criminelle avec circonstances atténuantes.
La défense, assurée par Me Elimane Amar Kane, a insisté sur l’état mental de l’accusé, soulignant qu’il représentait un danger pour lui-même et pour autrui sans prise en charge adaptée. En retenant l’irresponsabilité pénale, la justice a privilégié une réponse médicale à une tragédie familiale. Une décision qui illustre la complexité des affaires où se croisent crime, souffrance psychique et responsabilité juridique.





