NETTALI.COM - Le chef de l’État défend une démarche inclusive pour des textes appelés à structurer durablement la vie politique sénégalaise.

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a expliqué les raisons ayant motivé la publication, le 27 avril dernier, des quatre avant-projets de réforme de la Constitution et du Code électoral, avant leur examen en Conseil des ministres et leur transmission à l’Assemblée nationale.

S’exprimant ce jeudi, le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’associer les citoyens et les acteurs politiques à ces réformes, qu’il considère comme structurantes pour l’avenir institutionnel du pays.

En évoquant le Code électoral de 1992, Bassirou Diomaye Faye a rappelé que les choix institutionnels ont des effets sur le long terme. « En concevant le code électoral de 2026, disons-nous que pour les trente prochaines années, c’est lui qui devra garantir un processus électoral serein », a-t-il déclaré.

Le Président souligne ainsi que ces réformes dépassent le cadre du mandat en cours. Le chef de l’État a justifié la mise à disposition des textes par un souci de transparence et d’inclusivité. « La Constitution ne nous appartient pas. Elle transcende le mandat », a-t-il affirmé.

Il estime que les réformes, notamment celles relatives aux partis politiques, doivent être discutées avec l’ensemble des acteurs, compte tenu de leur impact sur le système démocratique.

Les avant-projets portent sur quatre volets principaux :

  • La révision de la Constitution, avec un rééquilibrage des pouvoirs, un renforcement du contrôle parlementaire et la création d’une Cour constitutionnelle ;
  • La loi organique relative à la Cour constitutionnelle, prévoyant notamment l’élargissement de ses membres et de ses compétences ;
  • La réforme du Code électoral, avec la création d’une Commission électorale nationale indépendante (CENI) et l’introduction de nouvelles mesures visant à moderniser le processus électoral ;
  • La réforme des partis politiques, destinée à actualiser un cadre juridique datant de 1981, notamment en matière de financement et de fonctionnement.

Ces textes s’appuient sur les recommandations formulées lors des Assises de la Justice (2024) et du Dialogue national sur le système politique (2025).

En les rendant publics, l’Exécutif affirme vouloir favoriser leur appropriation par les citoyens avant leur adoption.

Les avant-projets doivent encore être examinés en Conseil des ministres avant d’être soumis à l’Assemblée nationale.

Cette phase de consultation pourrait permettre d’intégrer d’éventuelles contributions et de consolider le consensus autour de ces réformes.