NETTALI.COM - Le député pointe un décalage entre les engagements présidentiels et l’action gouvernementale, évoquant une tension croissante entre Parlement et Exécutif.

Le débat autour de la modification du Code électoral prend une tournure plus politique. Dans une analyse critique, le député Bacary Diédhiou met en évidence ce qu’il considère comme un décalage croissant entre la volonté affichée et les actes de l’Exécutif.

Selon lui, cette séquence révèle une « tension feutrée mais réelle entre les logiques institutionnelles », sur fond de divergence de méthode entre les pouvoirs publics.

Le parlementaire revient sur le discours du 31 décembre 2025, au cours duquel le chef de l’État s’était engagé à soumettre un projet de loi sur la réforme électorale avant la fin du premier trimestre.

Or, à ce jour, seul un avant-projet de loi, non validé en Conseil des ministres, a été rendu public. « L’exécutif ne s’est pas conformé à son engagement », déplore Bacary Diédhiou. Pour lui, cette différence n’est pas anodine. Elle soulève une question de fond : pourquoi annoncer un projet de loi pour finalement s’en tenir à un avant-projet ?

Le député s’interroge sur les motivations réelles de cette évolution. Il évoque soit une hésitation interne, soit une stratégie d’évitement de la part de l’Exécutif. Dans un contexte institutionnel sensible, cette situation alimente, selon lui, une forme d’incertitude politique. « S’agit-il de gagner du temps ou de maintenir une zone d’incertitude ? », s’interroge-t-il.

Face à ce qu’il qualifie de silence de l’Exécutif, Bacary Diédhiou met en avant la posture de l’Assemblée nationale. Il rappelle que les députés ont fait preuve de retenue, en suspendant temporairement l’examen de la réforme des articles L.29 et L.30 du Code électoral. « Le pouvoir législatif apparaît paradoxalement plus fidèle à l’éthique républicaine », affirme-t-il.

Selon lui, cette attitude traduit une volonté de préserver le dialogue institutionnel. Pour Bacary Diédhiou, les conséquences de cette situation dépassent le cadre technique. Il estime que l’absence de clarté de l’Exécutif fragilise la lisibilité de l’action publique, alimente les soupçons et affaiblit la confiance des citoyens.

Dans un contexte politique déjà sensible, cette ambiguïté pourrait peser sur la crédibilité des réformes. Au-delà des aspects juridiques, le député considère que le débat est désormais éminemment politique. Il appelle les autorités à plus de transparence et de cohérence, estimant que la démocratie exige des choix clairs et assumés. « La démocratie exige de la clarté, là où l’Exécutif semble préférer l’ombre », conclut-il.