NETTALI.COM - L’avocat dénonce un « abandon » des supporters sénégalais et critique une gestion diplomatique et juridique qu’il juge défaillante.

Invité à réagir sur la situation des supporters sénégalais toujours retenus au Maroc après la Coupe d’Afrique, Me El Hadji Diouf n’a pas fait dans la nuance. L’avocat accuse ouvertement l’État d’avoir « sacrifié » ses propres citoyens.

Selon lui, une solution simple aurait pu être trouvée à travers une intervention directe au sommet : « Le président devait juste appeler le roi et demander leur libération », a-t-il affirmé, estimant que la voie diplomatique n’a pas été suffisamment exploitée.

Me El Hadji Diouf rappelle que par le passé, des autorités sénégalaises étaient intervenues pour des ressortissants en difficulté à l’étranger, notamment sous la présidence de Macky Sall dans l’affaire des militants de Y’en a marre. Pour lui, ce précédent démontre qu’une action est possible lorsque la volonté politique existe.

Au-delà de la diplomatie, l’avocat pointe un manque d’accompagnement sur le plan judiciaire. Il regrette l’absence d’une mobilisation structurée d’avocats pour défendre les supporters : « L’État devait engager des avocats, y compris sur place au Maroc. »

Il déplore qu’un seul conseil semble suivre le dossier, ce qu’il juge largement insuffisant face à la complexité de la situation.

Me El Hadji Diouf s’insurge également contre l’attitude générale observée au Sénégal : « On ne peut pas célébrer une Coupe pendant que nos fils sont en prison », lance-t-il, dénonçant un décalage entre la ferveur populaire et le sort des détenus.

Sur un autre plan, l’avocat exprime son amertume après avoir été écarté de la défense du Sénégal devant le Tribunal arbitral du sport. Il affirme avoir tenté, en vain, de joindre les responsables de la Fédération.

Selon lui, cette mise à l’écart s’explique par des considérations politiques : « Ils ont peur de contrarier les dirigeants », conclut-il, dénonçant une gestion qu’il qualifie d’opaque.