NETTALI.COM - Après la diffusion d’images trompeuses sur un reportage à Tambacounda, le régulateur des médias pointe un manque de rigueur et appelle à un sursaut éthique dans les rédactions.

Le Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias (CORED) est monté au créneau après une polémique liée à un reportage sur un supposé hélicoptère artisanal attribué à Mamadou Sow, un maçon résidant à Tambacounda.

Dans un communiqué, l’organe de régulation dénonce une « entorse grave » aux règles professionnelles, notamment en raison de la diffusion d’images d’illustration non signalées comme telles. Selon le CORED, cette omission a induit le public en erreur, portant atteinte à la crédibilité de l’information.

L’instance précise que les images diffusées dans plusieurs médias ne correspondaient pas à l’engin conçu par Mamadou Sow. En réalité, il s’agissait d’un hélicoptère ultraléger monoplace fabriqué en Hongrie, sans aucun lien avec l’artisan sénégalais.

Le régulateur souligne également que l’appareil de ce dernier n’a jamais décollé, ce qui renforce le décalage entre les faits et leur présentation médiatique.

Pour le CORED, cette affaire révèle des défaillances dans le traitement de l’information : absence de vérification et de recoupement, usage trompeur d’images et défaut de transparence vis-à-vis du public.

Autant de manquements qui, selon l’institution, traduisent un déficit de rigueur au sein de certaines rédactions.

Face à cette situation, le CORED appelle les professionnels des médias à un sursaut. Il rappelle que le Code de la presse impose aux journalistes de traiter l’information avec honnêteté, impartialité et exactitude, sans déformer les faits ni publier des contenus d’origine incertaine.

La Charte des journalistes du Sénégal est également invoquée, notamment sur l’obligation de respecter les faits et de ne procéder à aucune altération de l’information.

Au-delà de ce cas précis, le régulateur met en garde contre les dérives susceptibles d’éroder la confiance du public. Il insiste sur la nécessité de rectifier toute information inexacte et de renforcer les standards professionnels.

Cette affaire relance ainsi le débat sur la responsabilité des médias à l’ère de la rapidité de diffusion, où la quête d’audience ne doit pas se faire au détriment de la vérité.