NETTALI.COM - Alors que le gouvernement sénégalais écarte toute restructuration de la dette, le FMI adopte une position diplomatique, renvoyant la décision à la souveraineté des autorités nationales.

La question de la dette sénégalaise s’est invitée au cœur des échanges lors de la conférence de presse du Directeur Afrique du Fonds monétaire international (FMI), Abebe Aemro Selassie. Face aux interrogations, ce dernier a adopté une posture mesurée, évitant soigneusement de se prononcer sur une éventuelle restructuration.

« Nous n’avons absolument aucun avis ni aucune remarque à formuler quant aux modalités d’une éventuelle restructuration de la dette », a-t-il déclaré, soulignant que ce type de décision relève exclusivement des autorités nationales.

Du côté du gouvernement sénégalais, la position est claire et constante : pas question de restructurer la dette. Le Premier ministre Ousmane Sonko l’avait déjà affirmé en janvier, estimant que la situation financière du pays, bien que tendue, reste maîtrisable.

Selon lui, avec une dette évaluée à environ 119 % du PIB, le Sénégal parvient toujours à honorer ses engagements, même en l’absence d’un programme formel avec le FMI. Pour les autorités, cette capacité de remboursement constitue la preuve de la viabilité de la dette.

« Nous ne pouvons pas comprendre qu’on veuille nous imposer une restructuration dans ces conditions », avait-il insisté, rappelant que cette position est partagée par l’ensemble de l’exécutif.

La sortie d’Abebe Aemro Selassie s’inscrit dans la continuité de la ligne adoptée par l’institution. Déjà en décembre, Julie Kozack, responsable de la communication du FMI, avait souligné que le rôle du Fonds se limite à fournir des analyses et des recommandations, laissant aux États la décision finale.

Une posture qui traduit la sensibilité du sujet, dans un contexte où les discussions entre Dakar et le FMI restent complexes.

Pour les autorités sénégalaises, accepter une restructuration de la dette serait lourd de conséquences. Ousmane Sonko avait évoqué le risque d’une perte de crédibilité sur les marchés financiers internationaux, voire d’une perception de « faillite ».

Une telle situation pourrait compliquer l’accès aux financements extérieurs, freiner les partenariats public-privé et exposer le pays à des pressions accrues de la part de ses créanciers.

Entre souveraineté économique, contraintes budgétaires et relations avec les bailleurs internationaux, le Sénégal évolue dans un équilibre délicat. Si le FMI reste officiellement neutre, le débat sur la trajectoire de la dette demeure central pour l’avenir économique du pays.

Dans ce contexte, la capacité du Sénégal à maintenir la confiance des marchés tout en évitant une restructuration s’annonce comme l’un des principaux défis des mois à venir.