NETTALI.COM- Le système carcéral sénégalais est à bout de souffle. C'est du moins ce que semblent dire les chiffres officiels communiqués le 6 avril 2026. En effet, lors de la Conférence nationale sur la détention, Aliou Ciss, le directeur général de l’Administration pénitentiaire a avancé un effectif total de 15 912 détenus, avec une capacité 10 912 places, soit un surplus de plus de 5 000 détenus.

Lors de la Conférence nationale sur la détention, organisée ce mardi 14 avril 2026 par le ministère de la Justice, l’inspecteur Aliou Ciss, directeur général de l’Administration pénitentiaire a exposé la situation alarmante des prisons sénégalaises étouffée par une surpopulation chronique et une précarité budgétaire critique. Avec un effectif total de 15 912 détenus, le pays fait face à un défi logistique et humain. Les données révèlent 15 912 détenus et une capacité d’accueil de 10 912 places, soit un surplus de plus de 5 000 personnes.

Parmi ces détenus, seuls les 8 828 sont condamnés, soit 54,48 % de la population, et les 6 704 individus en détention provisoire qui représentent 44,52 % des effectifs.

La sociologie des prisons reste immuable avec une hégémonie masculine de 94,48 %, laissant une part marginale aux femmes (environ 3 %) et aux mineurs (2,61 %).

Sur le plan de la nationalité, l'immense majorité des détenus est sénégalaise, tandis que les étrangers ne constituent que 9 % de la population globale. Au-delà des statistiques froides, le drame humain se niche dans les 458 dossiers de personnes incarcérées depuis plus de trois ans sans avoir jamais reçu de jugement définitif, une réalité qui cristallise les critiques sur l'inefficacité de la machine judiciaire.

L'asphyxie est également financière. Alors que l'enveloppe budgétaire actuelle est calibrée pour subvenir aux besoins de 14 494 prisonniers, la réalité du terrain impose la gestion quotidienne de 15 912 âmes. Cette équation impossible engendre un déficit structurel majeur puisque. « Il y a 1 418 détenus supplémentaires qui doivent être nourris quotidiennement sans couverture budgétaire adéquate. Ce qui accentue les difficultés de fonctionnement des établissements pénitentiaires », souligne l'Inspecteur Ciss.

La tendance n'est guère à l'optimisme avec une croissance annuelle moyenne de 1 000 nouveaux détenus, un rythme qui s'est emballé ces dernières années, faute de décrets de grâce présidentielle en 2024 et 2025.