NETTALI.COM - Dans la polémique autour du Fonds d’appui à la presse, Lansana Gagny Sakho s’oppose frontalement au ministère de la Communication et à la direction de la RTS, invoquant une violation des règles de gouvernance du secteur parapublic.
Le débat autour du Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP) pour l’année 2025 prend une nouvelle tournure. Lansana Gagny Sakho, président du conseil d’administration de l’APIX et président du Cercle des Administrateurs publics, est monté au créneau pour contester la position du ministère de la Communication.
Dans une sortie ferme, il accuse le ministère de la Communication, à travers le directeur de la communication Habibou Dia, de méconnaître profondément le cadre juridique régissant la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS) et, plus largement, les entités du secteur parapublic.
Selon lui, la tutelle technique ne dispose d’aucune compétence pour intervenir dans la gestion interne de la RTS. Il rappelle que les accords d’établissement relèvent exclusivement du conseil d’administration, seule instance habilitée à les adopter, les modifier ou en suspendre l’exécution.
« Aucune autorité extérieure, fût-elle ministérielle, ne peut se substituer à cette gouvernance interne prévue par les textes », insiste-t-il, appelant au strict respect des règles de fonctionnement des entreprises publiques.
Cette prise de position intervient après les propos de Habibou Dia, qui avait affirmé que les agents de la RTS réclameraient « plus d’un milliard de FCFA par mois ». Des déclarations qui ont suscité une vive réaction de l’intersyndicale SYNPAP–SYNPICS, dénonçant des contre-vérités et exigeant des excuses publiques.
Lansana Gagny Sakho ne s’est pas limité au ministère. Il a également pointé du doigt le directeur général de la RTS, Pape Alé Niang, notamment pour la suspension de l’accord d’entreprise des agents.
Il considère cette décision comme une « violation manifeste » de la loi n°2022-08, qui encadre la gouvernance des entités publiques et vise précisément à prévenir les ingérences et garantir la transparence.
Au-delà des personnes, Sakho soulève une interrogation de fond sur la maîtrise du cadre légal par les responsables concernés. Selon lui, les faits observés traduisent une incompréhension des missions et des limites institutionnelles de chaque acteur.
Cette nouvelle sortie met en lumière les tensions persistantes entre autorités de tutelle, directions d’entreprises publiques et syndicats. Elle relance également le débat sur la gouvernance des médias publics et sur la nécessité d’un respect strict des textes pour éviter toute dérive institutionnelle.
Dans un contexte déjà marqué par des critiques sur la gestion du FADP, cette affaire illustre les fragilités du système et les enjeux de transparence, d’autonomie et de responsabilité dans le secteur public de la communication.






