NETTALI.COM - Depuis 1992, toute modification du Code électoral s’est faite à l’issue de concertations entre acteurs politiques. Une pratique aujourd’hui fragilisée par les réformes en cours.

Depuis l’adoption du Code électoral en 1992, une constante s’est imposée dans la vie politique sénégalaise : toute réforme majeure de ce texte fondamental a toujours été précédée d’un dialogue entre les différents acteurs politiques.

Ce principe de concertation, souvent matérialisé par des commissions nationales, des dialogues politiques ou des cadres multipartites, visait à garantir la transparence du processus électoral et à renforcer la confiance entre majorité et opposition. Il s’agissait également d’assurer une certaine stabilité institutionnelle, en évitant que les règles du jeu électoral ne soient modifiées de manière unilatérale.

Au fil des alternances politiques, cette pratique a permis d’aboutir à des compromis parfois difficiles, mais essentiels pour préserver la crédibilité des élections. Elle a ainsi contribué à forger une culture démocratique fondée sur le consensus autour des règles électorales.

Cependant, les dynamiques actuelles semblent marquer une rupture avec cette tradition. Les projets de réforme en cours, notamment ceux relatifs aux conditions d’éligibilité, suscitent des interrogations quant au respect de cet héritage de concertation.

Pour de nombreux observateurs, l’absence ou la faiblesse du dialogue politique autour de ces modifications pourrait fragiliser la confiance dans le processus électoral et raviver les tensions politiques.

Dès lors, la question se pose avec acuité : peut-on réformer durablement le Code électoral sans un large consensus ? Pour beaucoup, la légitimité des règles électorales repose autant sur leur contenu que sur la manière dont elles sont élaborées.

Dans un contexte politique sensible, le retour à une démarche inclusive apparaît, pour certains, comme une condition essentielle à la préservation de la stabilité démocratique du Sénégal.