NETTALI.COM - La Fédération des syndicats des transports routiers a levé le mot d’ordre de grève observé, depuis une dizaine de jours. L’annonce a été faite, hier, vendredi 10 avril, à l’issue d’une rencontre avec les ministres de l’Intérieur et des Transports terrestres.
Il faut sans doute le préciser, la levée du mot d'ordre de grève des transporteurs intervient réellement, suite à une audience que le président de la République a accordée jeudi tard dans la soirée à Alassane Ndoye, président de la Fédération des syndicats des transports routiers du Sénégal. Une audience suivie d'une rencontre avec les ministres de l’Intérieur et des Transports terrestres.
En effet, selon le secrétaire général, Fallou Samb, il y a eu des avancées issues du dialogue avec les autorités. D’où la reprise progressive des activités dans le secteur.
Rappelons tout de même que les discussions entre les deux parties, ont eu lieu, il y a une semaine. En effet, dimanche dernier, après une heure de négociation, les syndicalistes avaient décidé de poursuivre le mouvement de grève initié depuis une semaine. “De 11 heures à 21 heures, nous étions en réunion de négociations avec l’État, à travers le ministère des Transports terrestres et aériens. Nous avons fait le tour des différents points de nos revendications, mais nous n’avons trouvé aucun accord avec les autorités étatiques”, avait indiqué le SG national, Alassane Ndoye, au sortir de cette réunion de négociations tenue au ministère des Transports terrestres et aériens à la sphère ministérielle de Diamniadio.
Dix points étaient ainsi inscrits sur leur plateforme de revendications, mais aucun d'entre eux n’avait été satisfait par l’État. “Tout porte à croire que l’autorité n’est pas encore dans les dispositions de dialoguer et de trouver des solutions aux problèmes auxquels les transporteurs font face”, avait-il pesté.
Ce qui n'empêchera pas bien plus tard de trouver un accord sur cinq des dix points de revendications de la Fédération des syndicats des transports routiers du Sénégal. Mais malgré cet accord partiel avec le gouvernement, non seulement le mouvement d’humeur avait été poursuivi, mais il avait été corsé : une grève illimitée jusqu'à nouvel ordre pour obtenir gain de cause. Les 14 syndicats de transporteurs maintenaient ainsi leur mouvement de grève avec des revendications qui portaient essentiellement sur la fin des tracasseries routières — leur grief majeur —, le respect des accords concernant les points de contrôle, ainsi que la révision de diverses mesures administratives et réglementaires.
L’appel du khalife général des tidianes
Il y a eu par la suite un appel du khalife général des tidianes, sollicitant la suspension du mot d’ordre de grève, afin de faciliter le déplacement des pèlerins pour la Ziarra générale qui se tient à Tivaouane, le 12 avril. Serigne Moustapha Sy Al Amine, représentant du Khalife au CRD (comité régional de développement), relayait ainsi le message mardi dernier.
Hier, vendredi, le ministre de tutelle, Yankhoba Diémé, avait assuré que le gouvernement est ouvert au dialogue et faisait le commentaire suivant mardi, à Ziguinchor : “Nous avons reçu les syndicalistes pour un troisième tour de rencontre. Nous avons mené des négociations dans le cadre d’un dialogue que nous avons estimé franc et également direct, si je devais me tenir à l’ambiance des discussions tenues un dimanche en plus, où l’État a mobilisé l’ensemble de ses services”. Il citait la question de la visite technique des véhicules communément appelés “Cheikhou Cherifou”, pour lesquels l’État a mis en place un véhicule mobile pour les inspections dans les régions. Mais aussi la simplification du contrôle au niveau des stations de pesage et le repositionnement du dispositif devant faciliter le circuit des transporteurs.
Le ministre avait aussi fait cas de l’extension du régime simplifié de sécurité sociale à tous les transporteurs, au-delà des seuls travailleurs de l’Association de financement des professionnels du transport urbain (AFTU), de même que la rénovation des gares routières, en étroite collaboration avec les transporteurs. Des infrastructures qui, rappelait-il, restent la propriété de l’État. Il disait que “le renouvellement du parc et la modernisation du transport ne doivent pas faire l’objet d’un choix. Il faut calculer et prendre en compte le citoyen qui choisit de prendre le véhicule pour se déplacer et qui doit être pris en compte dans sa satisfaction”.
Aujourd'hui, c'est l’accalmie avec la levée du mot d’ordre de grève.






